L'affaire Medhi Narjissi connaît un nouveau rebondissement judiciaire. La Fédération française de rugby (FFR) a été mise en examen vendredi pour homicide involontaire, après la disparition en mer du jeune joueur en 2024, lors d'un stage avec l'équipe de France des moins de 18 ans en Afrique du Sud.
Une mise en examen contestée
Le procureur de la République à Agen, Olivier Naboulet, a annoncé dans un communiqué que la FFR avait comparu et répondu à toutes les questions du magistrat instructeur. Au terme d'une audition de quatre heures, l'association a été mise en examen. Le président de la FFR, Florian Grill, convoqué au tribunal d'Agen, est ressorti sans faire de déclaration, empruntant une sortie dérobée.
Me Mathias Chichportich, avocat de la FFR, a réagi dans une déclaration transmise à l'AFP : « Nous prenons acte de la décision de mettre en examen la FFR en tant que personne morale. Il s'agit d'une étape intermédiaire de la procédure qui ne constitue en aucun cas une déclaration de culpabilité. » Il a jugé la décision « contestable en droit ».
Les circonstances du drame
Medhi Narjissi, 17 ans, a été emporté par les flots le 7 août 2024 lors d'un stage de l'équipe de France U18 en Afrique du Sud. La séance de récupération avait été organisée sur une plage réputée dangereuse près du cap de Bonne-Espérance. Son corps n'a jamais été retrouvé.
Une enquête administrative menée par l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR) a pointé une « préparation défaillante du séjour » de la FFR et des « missions insuffisamment formalisées » des encadrants des U18.
La défense de la FFR
Me Chichportich a plaidé que « la décision d'avoir organisé un bain de récupération dans un lieu dangereux pour la baignade est une faute grave mais elle n'est en rien imputable à la Fédération. Elle est d'autant plus incompréhensible qu'elle n'a été ni prévue, ni autorisée, ni validée. » Selon lui, « la responsabilité pénale de la FFR ne peut pas être engagée ».
La famille de Medhi Narjissi attendait beaucoup de l'audition du président de la fédération, accusant les proches du jeune joueur d'avoir « dysfonctionné gravement ».



