F-35 : l'Europe dépendante des avions de combat américains pour sa défense
F-35 : la dépendance militaire de l'Europe aux États-Unis

Le F-35, symbole de la dépendance militaire européenne envers les États-Unis

L'Allemagne, la Belgique, la Finlande, les Pays-Bas, la Norvège et la Pologne ont fait le même choix stratégique : acquérir le F-35, l'avion de combat furtif américain. Cette décision commune symbolise à elle seule la profonde dépendance stratégique de l'Europe vis-à-vis des États-Unis en matière de défense. Pas moins de treize pays européens ont été séduits par cet appareil, au détriment des alternatives européennes comme le Rafale français ou le Gripen suédois.

Un attachement qui persiste malgré les tensions politiques

Le Danemark illustre parfaitement cet attachement solide. Le pays continue d'acquérir des F-35 alors même que l'ancien président américain Donald Trump menace frontalement sa souveraineté au Groenland. Cette situation soulève des questions cruciales concernant l'autonomie stratégique des nations européennes.

L'existence présumée d'un "kill switch" – un système qui pourrait clouer ces appareils au sol sur simple injonction américaine – est vivement contestée par les parties concernées. Néanmoins, le F-35 place indéniablement les États-Unis en position de force, créant des dépendances multiples pour les pays clients européens.

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Des dépendances industrielles, logicielles et sociales

Ces dépendances sont à la fois industrielles et logicielles, en raison des mises à jour régulières que nécessite le système informatique sophistiqué de l'appareil. Mais elles sont également sociales et politiques : une fois le F-35 en service, les pays clients s'engagent dans une relation de longue durée avec les États-Unis, rendant toute friction diplomatique potentiellement coûteuse pour plusieurs décennies.

Les désillusions du "Made in USA" dans la défense européenne

Le F-35 ne représente que la partie émergée de l'iceberg de la dépendance militaire européenne. Une note du Conseil d'analyse économique publiée début mars révèle qu'en Europe, un tiers des équipements militaires est importé. Parmi ces importations, plus de la moitié provient directement des États-Unis.

Une dépendance qui s'étend à tous les systèmes militaires

Charles Beaudouin, président du Coges et commissaire général du salon de la défense et de la sécurité Eurosatory, explique : "Les dépendances européennes portent non seulement sur les avions de combat F-16 et F-35 mais aussi sur les avions de surveillance Awacs, les missiles-radar ou encore les drones Reaper."

Le problème avec ces équipements américains est leur manque de souveraineté pour les pays utilisateurs. Par exemple, les zones où le drone Reaper peut voler sont soumises à l'autorisation préalable du Congrès américain. De plus, les États-Unis conservent la propriété des images, parfois sensibles, capturées par ces appareils.

Des alternatives européennes qui peinent à émerger

Les marges de manœuvre et les alternatives à ce matériel américain restent extrêmement limitées pour les pays européens. Le programme Eurodrone, lancé en février 2022 par la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne pour développer des drones souverains de surveillance et de reconnaissance, illustre les difficultés de l'Europe à concrétiser ses ambitions d'autonomie stratégique. Ce projet ambitieux est aujourd'hui considéré comme mort-né, renforçant ainsi la dépendance continentale vis-à-vis des technologies de défense américaines.

Cette situation pose des questions fondamentales sur la capacité de l'Europe à définir et à mettre en œuvre une politique de défense véritablement indépendante, alors que ses armées dépendent toujours plus d'équipements et de technologies contrôlés par un partenaire extérieur.

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