Depuis le 1er juin 2026, 924 personnes ont été incarcérées en France pour des violences sexuelles commises sur des mineurs, a annoncé le ministère de la Justice ce mercredi 29 juillet. Ce chiffre, issu d'un décompte effectué dans l'ensemble des établissements pénitentiaires, illustre la mise en œuvre de la circulaire du 15 mai 2026, qui priorise la réponse pénale dans ces affaires.
Un bilan chiffré sans précédent
Sur les 924 personnes écrouées, 712 sont en détention provisoire et 212 purgent une peine définitive. Les trois quarts d'entre elles sont des hommes, et 68 % sont majeurs au moment des faits, précise le communiqué. Parmi les victimes, 87 % sont âgées de moins de 15 ans, et 42 % sont des enfants de moins de 11 ans.
Le ministre de la Justice, Jean Dupuis, a déclaré : « Ces chiffres montrent que l'État tient sa promesse de protéger les enfants. La tolérance zéro n'est pas un slogan, c'est une politique concrète. »
Une intensification des poursuites
Cette augmentation des incarcérations fait suite à la création de 15 pôles spécialisés dans les cours d'appel, dédiés aux violences sexuelles intrafamiliales et extrafamiliales. Le parquet de Paris a traité 340 dossiers depuis juin, soit 40 % de plus que sur la même période de 2025.
Selon la procureure de la République adjointe, Émilie Martin, « le repérage systématique des récidivistes et l'audition filmée des mineurs ont accéléré les procédures sans sacrifier les droits de la défense ».
Réactions des associations de protection de l'enfance
L'association Enfance en Danger salue cette avancée, mais demande des moyens supplémentaires pour la prise en charge psychologique des victimes. Sa présidente, Marie Leclerc, a affirmé : « Chaque incarcération est une victoire, mais le traumatisme reste. Il faut des programmes de suivi sur le long terme. »
De son côté, l'Observatoire national de la protection de l'enfance note que 60 % des auteurs incarcérés étaient déjà connus des services de police, ce qui soulève la question de la prévention en amont.
Des mesures pérennes attendues
Le garde des Sceaux a annoncé le déploiement de 50 nouveaux postes d'enquêteurs spécialisés d'ici fin 2026. Par ailleurs, un projet de loi doit être examiné à l'automne pour allonger les délais de prescription pour les crimes sexuels sur mineurs, actuellement fixés à 30 ans après la majorité de la victime. Ce texte prévoit également la création d'un fichier national des délinquants sexuels accessible aux employeurs dans certains métiers.
Au total, depuis janvier 2026, ce sont 1 847 personnes qui ont été mises en examen pour des faits de violences sexuelles sur mineurs, selon les chiffres du ministère. L'objectif annoncé est d'atteindre un taux d'élucidation de 85 % d'ici 2027.



