Changement de direction à la CGT de l'Arsenal de Toulon
À quelques mois des élections professionnelles cruciales, la CGT de l'Arsenal de Toulon se prépare activement pour les prochains scrutins. Ce jeudi matin, la Commission exécutive du syndicat s'est réunie dans la salle Méditerranée, rassemblant les militants pour marquer le départ à la retraite de Didier Quattropani, figure emblématique avec plus de trente années de militantisme au sein de l'organisation.
Une succession préparée avec soin
Contrairement à de nombreux responsables politiques, Didier Quattropani a anticipé sa succession en préparant minutieusement sa relève. La commission exécutive a ainsi procédé à l'élection de son successeur, désignant Renaud Dauphin, ouvrier d'état de formation issu de la promotion Améthyste (1990-1992). Cette discrète référence à son parcours professionnel souligne une expérience solide dans le domaine de la défense.
Renaud Dauphin prendra désormais les rênes du syndicat aux côtés d'Amélie Pichon, formant ainsi le nouveau duo de co-secrétaires généraux varois. Ce changement s'inscrit dans une logique de continuité, avec pour objectif principal de renforcer la position de la CGT lors des prochaines élections professionnelles au sein de Naval Group et des différents services étatiques de la Défense.
Des priorités stratégiques ambitieuses
Le bureau syndical reconnaît que ces élections représentent une priorité stratégique absolue, mais précise qu'elles ne sauraient constituer une fin en soi. La CGT de l'Arsenal de Toulon entend également porter les orientations nationales de la confédération, avec un message fort concernant l'industrie de l'armement.
Dans le contexte international actuel, marqué par ce que le général Mandon, chef d'état-major des Armées, qualifie d'allié américain « de moins en moins prévisible », les nouveaux co-secrétaires généraux plaident pour la relance d'un véritable pôle public national de défense. Leur objectif est clair : reprendre le contrôle public de l'industrie de l'armement.
« Parce que les armes ne sont pas des marchandises comme les autres, on ne peut pas en vendre à n'importe qui », insistent Renaud Dauphin et Amélie Pichon. Leur approche ne remet pas en question la défense et son industrie, qui font vivre des milliers de personnes dans le département du Var, mais vise à y injecter davantage d'éthique, notamment en matière d'emploi.
Dénonciation de la précarité croissante
Alors que le budget des armées connaît une augmentation significative, les responsables syndicaux dénoncent la multiplication des emplois précaires dans le secteur. Cette situation paradoxale, où les moyens financiers augmentent tandis que la stabilité des postes diminue, constitue un point central de leur combat.
Pour se faire entendre, la CGT de l'Arsenal de Toulon, en coordination avec l'ensemble des unions départementales CGT de la région, organisera une occupation de la place d'Armes de Toulon le 23 avril prochain. Cette action se présentera comme une forme de contre-manifestation au Toulon Défense Event, salon de l'emploi organisé par France Travail qui promet plus de 5 000 postes à pourvoir, tant militaires que civils.
Cette mobilisation symbolique vise à interpeller les pouvoirs publics sur les contradictions entre les annonces de création d'emplois et la réalité de la précarité dans le secteur de la défense. Les nouveaux dirigeants syndicaux entendent ainsi marquer leur entrée en fonction par une action concrète, tout en préparant activement les élections professionnelles à venir.



