Attal accusé d'avoir empêché l'achat de deux Canadair
Attal accusé d'avoir bloqué l'achat de deux Canadair

En pleine saison des incendies, une polémique enfle autour de Gabriel Attal, accusé d'avoir bloqué l'achat de deux Canadair en 2023. Selon une enquête de Mediapart, l'ancien ministre des Comptes publics aurait refusé de débloquer les fonds nécessaires à l'acquisition de ces avions bombardiers d'eau, pourtant jugés prioritaires par la Sécurité Civile. L'entourage de Gabriel Attal dément fermement ces accusations, les qualifiant de « mensonges ». Mais qu'en est-il vraiment ? Retour sur les faits et les enjeux de cette affaire.

Des Canadair jugés indispensables par la Sécurité Civile

La France dispose actuellement de 12 Canadair, des avions amphibies essentiels pour lutter contre les feux de forêt. En 2022, la Sécurité Civile avait identifié un besoin urgent de renouvellement de sa flotte, vieillissante, et recommandé l'achat de deux appareils supplémentaires. Le coût estimé de cette acquisition était d'environ 50 millions d'euros. Selon Mediapart, la demande aurait été soumise à Gabriel Attal, alors ministre délégué chargé des Comptes publics, qui aurait opposé un refus catégorique, invoquant des contraintes budgétaires.

Les accusations de Mediapart et la défense d'Attal

L'article de Mediapart, publié le 17 juillet 2023, affirme que Gabriel Attal a personnellement bloqué l'achat des deux Canadair, malgré l'insistance de la Sécurité Civile et du ministère de l'Intérieur. L'enquête s'appuie sur des sources anonymes au sein de l'administration. En réponse, l'entourage de Gabriel Attal a démenti ces informations, les qualifiant de « grossières inexactitudes » et précisant que le ministre n'avait jamais été saisi officiellement de ce dossier. Selon eux, la décision finale revenait au Premier ministre et au ministre de l'Intérieur, et non à Gabriel Attal seul.

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Un contexte budgétaire tendu

En 2023, la France est confrontée à une inflation galopante et à une hausse des dépenses publiques. Le gouvernement cherche à réduire le déficit, et les arbitrages budgétaires sont nombreux. L'achat de deux Canadair, bien que prioritaire pour la Sécurité Civile, aurait pu être reporté dans le cadre des économies demandées à tous les ministères. Cependant, plusieurs élus et syndicats de pompiers dénoncent un « choix politique » qui mettrait en danger la capacité de la France à lutter contre les incendies, de plus en plus fréquents et intenses à cause du réchauffement climatique.

Les conséquences potentielles sur la lutte contre les incendies

Si les accusations sont vraies, le refus d'acheter deux Canadair pourrait avoir des conséquences graves. En 2022, la France a connu une saison des incendies exceptionnellement violente, avec plus de 72 000 hectares brûlés, dont 20 000 en Gironde. Les Canadair, capables de larguer 6 000 litres d'eau chacun, sont des outils clés pour contrer les feux. Un retard dans le renouvellement de la flotte pourrait réduire l'efficacité des opérations, surtout en cas de feux simultanés. Le gouvernement assure toutefois que la flotte actuelle est suffisante et que des mesures alternatives sont en place, comme le recours à des avions loués ou à des moyens aériens européens.

Une polémique qui relance le débat sur les moyens alloués à la Sécurité Civile

Au-delà du cas Attal, cette affaire met en lumière les difficultés de financement de la Sécurité Civile. Les pompiers et les associations appellent à une hausse des investissements dans les moyens de lutte contre les incendies, alors que le risque ne cesse de croître. Le gouvernement a annoncé un plan de 150 millions d'euros pour moderniser la flotte d'avions et d'hélicoptères, mais les critiques estiment que ces mesures sont insuffisantes. La polémique autour de Gabriel Attal pourrait ainsi servir de catalyseur pour une prise de conscience politique.

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Verdict : des accusations non prouvées

À ce stade, aucune preuve formelle ne permet de confirmer que Gabriel Attal a personnellement empêché l'achat des deux Canadair. Les versions divergent et l'enquête de Mediapart repose sur des sources anonymes. L'entourage d'Attal maintient que le dossier n'a jamais été soumis à son arbitrage. Il est possible que la responsabilité soit partagée entre plusieurs acteurs gouvernementaux. Néanmoins, cette controverse souligne l'importance de la transparence dans les décisions budgétaires touchant à la sécurité des citoyens.