Les ventes de climatiseurs mobiles ont bondi de 40% en France entre 2019 et 2023, selon une étude de l'Agence de la transition écologique (Ademe) publiée ce lundi. Face à cette tendance, l'organisme public recommande vivement de privilégier les pompes à chaleur réversibles, bien plus efficaces et moins polluantes.
Un marché en pleine expansion
En 2023, près de 1,2 million de climatiseurs mobiles ont été vendus dans l'Hexagone, contre 850 000 en 2019. Cette augmentation est directement liée aux canicules répétées, avec des températures dépassant régulièrement les 35°C. L'Ademe estime que 15% des foyers français possèdent désormais un climatiseur mobile, soit 4 millions de ménages.
Ces appareils, souvent achetés pour leur faible coût (entre 200 et 600 euros), présentent pourtant des inconvénients majeurs. « Un climatiseur mobile consomme en moyenne 1 kWh pour produire 2,5 kWh de froid, tandis qu'une pompe à chaleur réversible atteint un rendement de 4 à 5 kWh de froid pour 1 kWh consommé », explique l'Ademe. En outre, ils rejettent l'air chaud à l'extérieur, ce qui peut aggraver l'effet d'îlot de chaleur urbain.
Les pompes à chaleur réversibles plébiscitées
Pour refroidir efficacement un logement, l'Ademe préconise l'installation de pompes à chaleur réversibles (air-air ou air-eau). Ces systèmes, bien que plus coûteux à l'achat (entre 3 000 et 10 000 euros), permettent de réaliser des économies d'énergie significatives sur le long terme. « Une pompe à chaleur réversible peut réduire la facture de climatisation de 50 à 70% par rapport à un climatiseur mobile », indique l'agence.
L'Ademe souligne également que ces appareils peuvent être utilisés en mode chauffage en hiver, ce qui les rend amortissables sur quelques années. De plus, des aides financières comme MaPrimeRénov' ou les certificats d'économies d'énergie (CEE) peuvent couvrir une partie de l'investissement.
Un impact environnemental non négligeable
Les climatiseurs mobiles sont souvent critiqués pour leur impact écologique. Ils utilisent des gaz frigorigènes à fort potentiel de réchauffement global (PRG), comme le R-410A, dont le PRG est de 2 088. En comparaison, les pompes à chaleur réversibles emploient des fluides moins nocifs, comme le R-32 (PRG de 675).
« En adoptant une pompe à chaleur réversible, un ménage peut réduire ses émissions de CO2 de 1,5 tonne par an par rapport à un climatiseur mobile », précise l'Ademe. L'agence appelle également à une meilleure isolation des logements pour limiter le recours à la climatisation.
Des alternatives simples à adopter
En attendant des travaux plus conséquents, l'Ademe recommande des gestes simples : fermer les volets en journée, ventiler la nuit, utiliser des ventilateurs (qui consomment 10 à 20 fois moins d'énergie qu'un climatiseur mobile) et installer des protections solaires extérieures. « Ces solutions peuvent réduire la température intérieure de 3 à 5°C sans consommer d'électricité », affirme l'agence.
L'organisme insiste sur le fait que la climatisation ne doit pas devenir une solution systématique. « Il faut d'abord penser à l'adaptation du bâti avant d'acheter un appareil énergivore », conclut l'Ademe.



