Arsenal iranien : missiles, drones, chars, l'état des forces face à une menace américaine
Arsenal iranien : peut-il riposter en cas d'attaque américaine ?

Alors que Téhéran assure qu'un cadre pour des négociations avec les États-Unis devrait être finalisé dans les prochains jours, Donald Trump continue de menacer d'intervenir militairement. Mais en cas d'attaque américaine, l'Iran a-t-il de quoi répondre ? Le général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue Défense nationale et consultant de BFMTV, dresse un état des lieux de l'arsenal iranien.

Les ressources militaires de l'Iran

L'Iran dispose de deux armées distinctes. D'une part, l'armée régulière, outil militaire conventionnel aux moyens limités et aux armements vieillissants, d'origine soviétique ou de fabrication locale. D'autre part, les Gardiens de la Révolution, qui constituent une véritable armée complète. En termes d'effectifs, l'armée régulière compte 300 000 militaires, tandis que les Gardiens de la Révolution en rassemblent 150 000. Ces derniers disposent de forces balistiques et de milices bassidjis. Cependant, en raison des embargos, l'Iran manque d'armes modernes comme des avions de combat récents ou des bâtiments de guerre. Des adaptations permanentes, souvent qualifiées de bricolages, se révèlent performantes, notamment dans le domaine balistique et autour du drone Shahed, aujourd'hui fabriqué sous licence par les Russes.

Composition de l'arsenal iranien

L'Iran possède une panoplie conventionnelle comprenant des chars de bataille, des blindés à roues, de l'artillerie et des systèmes antiaériens, de fabrication russe ou chinoise. Cet arsenal est assez complet mais n'atteint pas le niveau de perfectionnement des armées israélienne ou des États du Golfe. En dehors du domaine balistique, l'armement est vieillissant : absence d'avions de combat récents et de navires modernes capables d'affronter des bâtiments occidentaux.

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Menace des missiles et drones iraniens

Les missiles et drones iraniens représentent une réelle menace pour les États-Unis et la stabilité du Moyen-Orient. Bien que les Américains ne puissent être véritablement mis en difficulté, ces armements ont un pouvoir de nuisance important. En juin dernier, certains missiles balistiques ont atteint Israël, cinq d'entre eux ayant échappé à l'interception, démontrant que les boucliers antimissiles américains ne sont pas infaillibles. L'effet psychologique est considérable : un missile tombant à Doha ou Tel-Aviv peut causer des pertes civiles ou militaires, sans remettre en cause la supériorité américaine, mais avec un impact médiatique et politique fort. De plus, l'Iran conserve un pouvoir de nuisance stratégique en pouvant bloquer le détroit d'Hormuz. Il suffirait de couler un ou deux pétroliers ou de mouiller quelques mines pour provoquer une flambée immédiate du prix du baril. Cinq mines dans le détroit d'Hormuz suffiraient à faire grimper le prix du pétrole de 10 % en quelques heures.

La question nucléaire

L'Iran et les États-Unis doivent reprendre vendredi en Turquie des négociations sur le nucléaire, visant à éviter une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Washington exige des concessions sur l'enrichissement d'uranium, les missiles balistiques et les soutiens régionaux de Téhéran. L'Iran rejette toute condition préalable mais se dit prêt à une certaine souplesse sur l'uranium, tout en réclamant une levée rapide des sanctions.

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