Accusations partisanes sur les moyens de lutte anti-incendie : que valent-elles ?
Accusations partisanes sur les moyens anti-incendie

À l'approche de la saison des feux de forêt, les accusations fusent entre les différentes formations politiques sur le manque de moyens alloués à la lutte contre les incendies. Mais que valent réellement ces affirmations ? Les Décodeurs ont passé au crible les chiffres et les déclarations.

Des budgets en hausse, mais des besoins croissants

Selon un rapport de la Cour des comptes publié en mars 2026, les dépenses de l'État pour la prévention et la lutte contre les incendies ont augmenté de 12 % entre 2021 et 2025, passant de 1,2 à 1,35 milliard d'euros. Cependant, le nombre de départs de feux a grimpé de 18 % sur la même période, et la surface brûlée a doublé, atteignant 150 000 hectares en 2025.

« Les moyens supplémentaires sont absorbés par l'augmentation des sinistres, ce qui ne permet pas d'améliorer la capacité opérationnelle », explique un expert en sécurité civile, sous couvert d'anonymat.

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Les accusations de la gauche et des écologistes

Les partis de gauche et écologistes dénoncent régulièrement un « désengagement de l'État ». Le député écologiste Julien Moreau a ainsi déclaré : « Le gouvernement a supprimé 1 200 postes de pompiers professionnels depuis 2020 et réduit les crédits des SDIS. »

Or, selon les données du ministère de l'Intérieur, les effectifs de pompiers professionnels sont passés de 42 300 en 2020 à 41 800 en 2025, soit une baisse de 500 postes, et non 1 200. Quant aux dotations aux services départementaux d'incendie et de secours (SDIS), elles ont augmenté de 4 % en euros constants sur la même période.

La droite et le Rassemblement national accusent à leur tour

De leur côté, Les Républicains et le Rassemblement national reprochent à l'exécutif de privilégier les dépenses « vertes » au détriment des moyens concrets. « On dépense des milliards pour l'écologie, mais on coupe dans les moyens des pompiers », a affirmé la députée RN Valérie Dupont.

Vérification : le budget de la sécurité civile (hors prévention) a progressé de 8 % entre 2023 et 2026, tandis que les crédits dédiés à la transition écologique ont bondi de 25 %. Mais les deux enveloppes ne sont pas en concurrence directe, puisqu'elles relèvent de ministères différents.

Un problème de répartition plus que de budget global

Les experts pointent surtout des difficultés structurelles. « Le manque de moyens n'est pas tant quantitatif que qualitatif : les avions bombardiers d'eau vieillissent et les délais d'intervention s'allongent dans les zones rurales », souligne un rapport du Sénat.

Par ailleurs, le nombre de pompiers volontaires a chuté de 15 % en cinq ans, ce qui fragilise les dispositifs locaux. Plusieurs associations de maires ruraux réclament un plan d'urgence.

Conclusion : des accusations partiellement fondées

Si les budgets globaux ont augmenté, l'efficacité de la lutte contre les incendies est entravée par des problèmes de vieillissement du matériel et de baisse du volontariat. Les partis politiques instrumentalisent ces difficultés en gonflant certains chiffres ou en omettant des données contextuelles. En définitive, la réalité est plus nuancée que les slogans.

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