Mougins lance un cap budgétaire ambitieux avec 60 millions d’euros d’investissements sur six ans
Lors de son premier conseil municipal en tant qu’édile, le nouveau maire de Mougins, Christophe Ulivieri, a présenté un rapport d’orientation budgétaire marquant un tournant pour la commune. Le plan prévoit soixante millions d’euros d’investissements sur la durée du mandat, avec une promesse ferme : aucune hausse de la taxe foncière ne sera imposée aux habitants.
Une situation financière exceptionnellement solide
La ville de Mougins bénéficie d’une santé financière robuste, avec un excédent budgétaire de près de douze millions d’euros et une capacité d’autofinancement estimée à plus de 4,5 millions d’euros. La dette communale s’élève à seulement 5,37 millions d’euros, soit 266 euros par habitant, un chiffre bien inférieur à la moyenne nationale des villes comparables, qui se situe autour de 1 000 euros.
La capacité de remboursement de la commune est inférieure à un an, contre huit à douze ans dans de nombreuses autres collectivités. Cette stabilité est héritée des précédents maires, Roger Duhalde et Richard Galy, qui ont dirigé Mougins pendant près d’un demi-siècle. « Cette continuité nous a permis de maîtriser les dépenses et surtout d’avoir une vision claire de l’avenir », a souligné Christophe Ulivieri.
Des projets concrets financés dès 2026
Pour l’année 2026, huit millions d’euros de travaux ont déjà été validés. Parmi les projets phares :
- L’extension de l’école des Cabrières
- La construction d’une médiathèque
- Le développement de l’Éco Parc
- Le renforcement de la vidéosurveillance
Ces investissements sont rendus possibles grâce à une stratégie immobilière astucieuse. La ville a racheté les terrains de l’ex-Lyonnaise des Eaux, avenue de la Plaine, pour y regrouper ses services administratifs non ouverts au public. Cette opération génère déjà 720 000 euros de loyers annuels et devrait permettre à terme 320 000 euros d’économies de fonctionnement par an.
Une philosophie budgétaire prudente et entrepreneuriale
Christophe Ulivieri, qui se définit comme un « entrepreneur public », a martelé sa ligne directrice : éviter l’endettement à tout prix. « En petit-fils de paysan, je préfère ne jamais recourir à l’emprunt. Et dépenser 80 euros quand j’en ai 100 dans la poche », a-t-il affirmé. La commune dispose d’un patrimoine foncier estimé à 34 millions d’euros, mobilisable pour financer les futurs projets sans peser sur les contribuables.
L’opposition exprime des réserves malgré le consensus sur le gel fiscal
Si le gel des impôts fait consensus, l’opposition municipale, représentée par Jean-Jacques Bregeaut, seul élu de gauche au conseil, a émis des doutes sur l’enveloppe globale de 60 millions d’euros. Il a rappelé d’importants reports de crédits (dix millions d’euros) lors du précédent mandat et demandé de nouveaux outils de pilotage ainsi qu’un audit indépendant concernant l’efficacité de la vidéosurveillance.
Le maire a répondu avec fermeté, reprenant la fable de La Fontaine : « Vous êtes peut-être la cigale, mais moi, je reste la fourmi ». Il a défendu les reports de crédits comme une trésorerie nécessaire pour éviter l’emprunt et rejeté la demande d’audit sécuritaire, soulignant que « Mougins est une des villes les plus sûres du département et la délinquance est en baisse ».
Christophe Ulivieri a conclu en rappelant son expérience d’ancien directeur général des services de la ville, affirmant avec assurance : « Nos caisses sont pleines et nos taux sont maîtrisés ». La feuille de route budgétaire de Mougins pour les six prochaines années est désormais tracée, alliant ambition d’investissement et rigueur financière.



