Cannes 2026 : « Ton animal maternel », le poème d’apprentissage de Valentina Maurel
Cannes 2026 : « Ton animal maternel », le poème de Maurel

Le Festival de Cannes 2026 a dévoilé sa sélection, et parmi les films très attendus figure Ton animal maternel, le nouveau long-métrage de la réalisatrice costaricienne Valentina Maurel. Après son premier film J'ai tué ma mère (2022) qui avait déjà marqué les esprits, Maurel revient avec une œuvre tout aussi introspective et viscérale.

Un récit d'apprentissage au féminin

Le film suit Ana, une adolescente de 15 ans, qui vit seule avec sa mère dans une petite ville côtière du Costa Rica. La relation fusionnelle et conflictuelle entre les deux femmes constitue le cœur du récit. Ana oscille entre le désir d'émancipation et la peur de perdre l'amour maternel. Le titre, Ton animal maternel, évoque cette dualité : l'instinct protecteur et la part sauvage de l'amour.

Une mise en scène sensorielle

Valentina Maurel signe une mise en scène résolument sensorielle, où la caméra capte les moindres frémissements du corps et du paysage. La chaleur étouffante, le bruit des vagues, les regards furtifs : tout concourt à créer une atmosphère à la fois poétique et crue. La réalisatrice explique : « Je voulais filmer l'adolescence comme un état d'urgence, où chaque émotion est amplifiée. »

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Le film alterne entre des séquences oniriques et des scènes du quotidien, brouillant les frontières entre réalité et imaginaire. Cette approche rappelle le travail de la cinéaste française Céline Sciamma, mais avec une identité visuelle propre, imprégnée des couleurs et des sons du Costa Rica.

Interprétations remarquables

La jeune actrice María José Vargas, découverte lors d'un casting sauvage, incarne Ana avec une intensité rare. Son regard, tour à tour frondeur et vulnérable, porte le film. Face à elle, Lidia Mora (la mère) livre une performance tout en retenue, où la tendresse affleure sous une carapace de fatigue.

Un thème universel

Au-delà du récit intime, Ton animal maternel aborde des questions universelles : la transmission, la violence de l'amour, et la difficulté de devenir soi-même. Le film a reçu un accueil chaleureux lors de sa projection de presse, salué pour sa sincérité et sa maîtrise formelle.

La critique souligne également la bande originale, signée par la compositrice costaricienne Ana Paula Jiménez, mêlant instruments traditionnels et sons électroniques. Une musique qui épouse parfaitement les tumultes de l'adolescence.

En compétition pour la Palme d'or

Le film est en compétition pour la Palme d'or, une première pour une réalisatrice costaricienne. Valentina Maurel, déjà récompensée à Cannes pour son court métrage Pauline en 2019, confirme son talent pour capter l'intime avec une portée universelle. Ton animal maternel sortira en salles le 15 septembre 2026.

En attendant, le public cannois a déjà fait de ce film l'un des favoris de la compétition, louant sa capacité à toucher au cœur sans jamais tomber dans le pathos. Une œuvre qui promet de marquer durablement le cinéma latino-américain.

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