Près de 300 personnes étaient rassemblées mercredi 8 juillet au conservatoire de Sète pour l'installation du nouveau Conseil de développement de Sète Agglopôle (Codev). Cette instance de démocratie participative, composée de 130 citoyens issus des 14 communes de l'agglomération, a pour mission d'éclairer les élus sur les enjeux du territoire avant toute prise de décision.
Un rôle d'interface entre citoyens et élus
Bruno Arbouet, président du Codev, précise la vocation de l'instance : « Ces dernières années, l'Agglo est devenue un échelon majeur de l'action publique. Elle élabore le projet de territoire, organise les mobilités, planifie l'aménagement, conduit les politiques de transition écologique, de développement économique, d'habitat, de l'eau… Ces compétences structurent le quotidien des habitants. Nos vies sont devenues intercommunales. » Le Codev a ainsi pour but de « susciter la création de citoyens intercommunaux et de servir d'interface avec les élus ».
Interrogé sur le rapport avec les élus, Bruno Arbouet insiste : « On ne conteste pas leur rôle. Ils ont été élus. Ils sont légitimes. C'est à eux de décider. Mais sur des sujets complexes, il y a besoin d'échanger. Composé de citoyens bénévoles, le Codev est là pour éclairer leurs avis en amont. » Il ajoute que « la seule gratification sera de modestement contribuer à enrichir et dynamiser notre vie démocratique ».
Des sujets variés et une méthode de dialogue apaisé
Concrètement, le Codev se réunira en septembre pour définir ses commissions et axes de travail. Il sera naturellement sollicité sur le projet de territoire, document cadre de la mandature, mais pourra aussi s'autosaisir d'autres thèmes. Bruno Arbouet cite des sujets « compliqués » comme la sécurité, l'immigration, la santé et l'eau d'Issanka. « Ce sera décidé en septembre », précise-t-il. Sur le dossier d'Issanka, il note qu'« il y a beaucoup de postures radicales alors que des voix de compromis sont entendables ».
Le président du Codev insiste sur la méthode : « Ne soyons pas sur des postures radicales mais sur des postures d'écoute, sur des méthodes d'un dialogue apaisé et respectueux de l'autre, au-delà des désaccords et des controverses. » Il estime que le Codev a un rôle d'autant plus important dans une société où les avis tendent à se radicaliser. « Les élus, comme les institutions, sont frappés par la défiance. En s'inscrivant dans un récit collectif auquel tout le monde adhère, le Codev peut servir de lien avec la population et les élus. »
Un renouvellement important et une représentativité accrue
Le Codev a été largement renouvelé au printemps. Suite à un appel à candidatures, près de 200 personnes se sont portées volontaires pour intégrer l'instance, qui compte 130 membres (1 pour 1000 habitants). Au final, le Codev a été renouvelé à 70 % (100 sur 130 membres). Il s'est davantage féminisé, avec une parité proche (60-40), et rajeuni (membres de 17 à 83 ans). Il compte 60 % d'actifs et les quatorze communes sont représentées.
Bruno Arbouet, qui préside également la Coordination nationale des Conseils de développement (CNCD), souligne la dynamique particulière du Codev de Sète Agglopôle : « Très clairement, sur ce territoire où le Codev a été créé en 2015, il y a une dynamique qu'on ne retrouve pas ailleurs. Il y a une grande diversité de citoyens et un vrai appétit. J'espère que cette vitalité démocratique pourra s'exprimer. »
Le nouveau Codev se réunira en septembre pour définir ses règles de fonctionnement, ses commissions et les thèmes de travail retenus.



