Wauquiez vante Philippe pour attaquer Retailleau
Wauquiez vante Philippe pour attaquer Retailleau

À moins de deux ans de l'élection présidentielle de 2027, les tensions au sein des Républicains (LR) s'accentuent. Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a choisi de vanter les mérites d'Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre, pour mieux critiquer la candidature de Bruno Retailleau, le président du groupe LR au Sénat. Dans un entretien accordé au Figaro le 2 juillet 2026, Wauquiez a déclaré : « Édouard Philippe incarne une droite moderne et crédible, capable de rassembler au-delà de notre famille politique. »

Une stratégie de différenciation

Cette prise de position intervient alors que Bruno Retailleau, farouchement opposé à Emmanuel Macron, s'est déclaré candidat à la primaire de la droite en vue de 2027. Wauquiez, qui n'a pas encore officialisé sa propre candidature, semble vouloir se positionner en rassembleur. Selon un sondage Ifop réalisé en juin 2026, Édouard Philippe recueille 22 % des intentions de vote au premier tour, contre 8 % pour Retailleau et 12 % pour Wauquiez. En louant Philippe, Wauquiez cherche à attirer les électeurs modérés et à marginaliser Retailleau, perçu comme plus conservateur.

Les réactions dans le parti

Les déclarations de Wauquiez ont provoqué des remous au sein de LR. Bruno Retailleau a répondu sur Twitter : « La droite ne se construira pas en faisant l'éloge de ceux qui ont trahi ses valeurs. » De son côté, Édouard Philippe, qui n'est plus membre de LR depuis 2017, n'a pas commenté ces propos. Un cadre du parti, sous couvert d'anonymat, a confié : « Laurent joue un jeu dangereux. En encensant Philippe, il risque de diviser encore plus notre camp. »

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Les enjeux pour 2027

Cette manœuvre intervient dans un contexte où la droite peine à trouver une ligne claire. Alors que Marine Le Pen (RN) et Emmanuel Macron (Renaissance) sont donnés favoris pour le second tour, les Républicains cherchent à exister. Wauquiez mise sur une alliance avec le centre droit, tandis que Retailleau prône un retour aux racines conservatrices. « L'enjeu est de savoir si la droite peut encore gagner en restant fidèle à ses principes ou si elle doit s'ouvrir », analyse le politologue Jean-Yves Camus.

Un avenir incertain

La primaire de la droite, prévue pour novembre 2026, s'annonce décisive. Wauquiez, en vantant Philippe, espère probablement un ralliement de l'ancien Premier ministre, qui a toujours nié toute ambition présidentielle. Mais selon un proche de Philippe, « Édouard n'a aucune intention de revenir en politique active. » Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits ou si elle fragilisera davantage un parti déjà affaibli.

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