Depuis juin 2025, l'opérateur privé Transdev a pris les commandes d'une partie du réseau régional Zou, notamment sur l'axe Marseille-Toulon-Nice. Un an après, les voyageurs rencontrés en gare de Toulon expriment un avis partagé : ils apprécient les 16 rames neuves, mais pointent du doigt la hausse des prix et la saturation aux heures de pointe.
Des rames modernes plébiscitées
Avec 14 à 16 allers-retours quotidiens, les nouvelles rames Transdev sont équipées de machines à café, wifi et prises électriques. Fadwa, 18 ans, habituée de la ligne Toulon-Les Arcs, note la différence avec les anciens trains : « Il y a des rames plus anciennes, et les neuves avec machines à café, wifi, et prises électriques. » Elle souligne également la liberté de mouvement offerte par son abonnement annuel à 90 euros pour les moins de 25 ans, voire moitié moins selon les revenus.
Denise et sa mère Marie-Rose, en partance pour Marseille, confirment : « Le trajet est propre et confortable. » Elles saluent ces « TER neufs » qui « sont à l'heure ». Cependant, Denise ajoute une critique : « La seule chose que je peux reprocher, c'est le prix des billets. »
Le grand écart des prix
Le tarif de l'aller simple pour Marseille s'élève à 16,60 euros, tandis que pour Nice, il atteint 33,10 euros. Cette politique tarifaire est assumée par le président de la Région, Renaud Muselier : « Nous poussons à l'abonnement. Celui qui ne veut prendre le train qu'une fois de temps en temps, eh bien, il paie cher. » Le prix à l'unité a augmenté et n'est pas concurrentiel avec la voiture, un TGV pouvant même être moins cher que le TER pour le même trajet.
Malgré cela, la ligne a attiré 45 % de passagers supplémentaires en un an, selon les chiffres de la Région.
L'affluence reste un point noir
Julie, 32 ans, qui voyage régulièrement entre Nice et Toulon, déplore : « Manque de place, chaleur, trop de monde, trop blindé. » Elle ajoute que la situation est similaire sur le tronçon SNCF vers Monaco, où « ça fait des années que ça ne bouge pas vraiment. »
Léandra, étudiante à Nice, se souvient de ses trajets de lycéenne vers Draguignan : « Il n'y avait pas de place », dit-elle, contrainte de rester debout dans des trains bondés. Elle a depuis modifié ses horaires, partant « plutôt le soir pour éviter le monde. »
Jean-Pierre Serrus, vice-président de la Région en charge des transports, relativise : « Sur les trains du quotidien, c'est comme en région parisienne. Impossible d'imaginer un système où on serait assis aux heures de pointe. »
Un an après l'arrivée de Transdev, les nouvelles rames sont saluées, mais le manque de place aux heures de pointe et les tarifs élevés restent des défis à relever.



