Le chef des députés socialistes Boris Vallaud quitte la direction du PS, l’un de ses proches accusant le Premier secrétaire Olivier Faure de « décider seul » et de refuser « dialogue et recherche de compromis », notamment sur la stratégie pour la présidentielle. Dans un courrier adressé vendredi 8 mai à Olivier Faure et que l’AFP a obtenu en exclusivité, le mandataire du courant du député des Landes, le sénateur Alexandre Ouizille, dénonce une « collégialité bâclée », une « brutalisation du fonctionnement » des instances du parti, une « stratégie d’isolement et d’enlisement ».
Un départ massif
L’ensemble du courant de Boris Vallaud quitte la direction, soit 24 membres dont 21 secrétaires nationaux. Ce départ illustre l’exacerbation des tensions au sein du PS, notamment autour de la question de la primaire de la gauche, que souhaite Olivier Faure mais que refuse Boris Vallaud. Cela n’empêche pas Olivier Faure de rester à la tête du parti, même s’il n’est plus majoritaire et se retrouve isolé.
Des désaccords profonds
Les désaccords portent sur la stratégie électorale et le fonctionnement interne du parti. Les proches de Vallaud estiment que Faure impose ses décisions sans concertation, ce qui a conduit à cette rupture. La question de la primaire de la gauche est un point central de divergence : Faure y est favorable pour désigner un candidat unique, tandis que Vallaud y est opposé, préférant une autre méthode.
Cette crise intervient alors que le PS cherche à se reconstruire après des scores électoraux en baisse. Le départ de Vallaud et de son courant affaiblit encore plus la direction de Faure, qui doit désormais composer avec une opposition interne forte. Les prochains mois s'annoncent décisifs pour l'avenir du parti.



