Tensions au conseil municipal de Talence entre majorité et opposition
Tensions à Talence entre majorité et opposition

Plusieurs sujets ont provoqué des échanges tendus ce lundi 27 avril à Talence, où les rapports entre majorité et opposition ont bien changé depuis la dernière campagne électorale. Il semble loin le temps où majorité et opposition débattaient à fleurets mouchetés au conseil municipal de Talence. La campagne électorale, tendue, de mars est passée par là. Si le verdict des urnes a été sans appel (66,39 % pour la liste du maire sortant Emmanuel Sallaberry dans un scrutin à un tour), la séance de ce lundi 27 avril a été une nouvelle illustration que l’ambiance a bien changé.

Une attaque frontale en ouverture

La cheffe de file de l’opposition Isabelle Rami avait prévenu que sa position serait plus offensive lors de ce nouveau mandat. Mais elle ne s’attendait pas à recevoir une « salve » de la part de la première adjointe Frédérique Fabre-Tabourin en ouverture de séance. En cause : le recours, révélé par « Sud Ouest », déposé par l’élue écologiste en son nom personnel, fin mars, reprochant au maire Emmanuel Sallaberry l’utilisation de réseaux sociaux « institutionnels » durant la campagne électorale.

Lisant un discours d’une dizaine de minutes, Frédérique Fabre-Tabourin a durement reproché à Isabelle Rami de ne pas respecter le processus démocratique. « Vous tentez d’effacer la décision des Talençais qui nous ont élus avec 4 509 voix d’écart, un score jamais atteint ! Le juge [du tribunal administratif, NDLR] dira le droit, mais une règle s’impose dans la vie politique : on respecte le vote. C’est pour moi une conviction profonde, pas une posture. »

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Elle lui reproche aussi de l’avoir rendu public [NDLR : c’est « Sud Ouest » qui a sollicité Isabelle Rami et non l’inverse] sans en informer l’assemblée municipale, et se demande si ses colistiers ont validé le recours. Les élus socialistes d’opposition, Andréa Fernandez et Hélène Roué s’étant déclarés « pas concernés » en séance, visiblement non.

Un peu « prise au dépourvu » par cette attaque frontale, Isabelle Rami a répété qu’elle respectait le résultat du scrutin mais pas la « méthode ». « Faire campagne, c’est être exemplaire, c’est ce que j’ai voulu mettre en lumière. Vous n’avez pas respecté, à mon avis, les règles qui régissent les comptes de campagne. Il faut laisser passer la justice. »

S’il dit avoir découvert l’intervention de sa première adjointe en même temps que le conseil, Emmanuel Sallaberry n’a pas été moins tendre, pointant une « vendetta personnelle » avec la demande d’inéligibilité dirigée vers lui. « Le tribunal administratif a autre chose à faire que de s’occuper de gens qui n’acceptent pas une élection. »

Vues divergentes sur le budget

Le ton était donné, il est resté tendu – mais c’était plus attendu – pour l’examen du budget primitif 2026 présenté par François Jestin. L’adjoint aux finances en a présenté les points forts, selon la majorité : « Le maintien des taux d’imposition au même niveau pour la onzième année consécutive, le renforcement du soutien au secteur associatif et au CCAS, la maîtrise des dépenses de fonctionnement pour préserver la capacité d’autofinancement. »

Dans le détail, les dépenses de fonctionnement (à 61,5 millions d’euros) augmentent de 1,3 % mais dégagent 3,2 millions d’euros d’autofinancement pour les investissements portés, eux, à 90,7 millions jusqu’en 2029, dont 31,4 pour 2026. Les principaux postes de dépense sont la réhabilitation du Château des Arts (8 millions d’euros), la rénovation du groupe scolaire Albert-Camus (3 millions d’euros), la nouvelle cuisine centrale (3 millions d’euros), le Grand Peixotto-Margaux (2 millions d’euros) et le projet de Planétarium (700 000 euros).

Lecture différente pour l’opposition. « Vous faites le choix d’un emprunt de 26 millions d’euros, a souligné Isabelle Rami. Nous avions déjà exprimé nos inquiétudes lors du rapport d’orientation budgétaire sur l’endettement du mandat précédent qui déborde, elles sont aggravées. »

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« La note augmente dans le portefeuille des Talençais »

L’opposante a également objecté qu’avec l’augmentation des bases de fiscalité (décidée par l’État dans la loi de finances), « la note augmente dans le portefeuille des Talençais ». Elle propose d’augmenter les taux pour les résidences secondaires. « Cela nous rapporterait au maximum entre 200 000 et 500 000 euros et ce serait fiscaliser les gens », répond le maire Emmanuel Sallaberry.

Autre moment de tension, enfin, lors du vote des frais du maire, une enveloppe de 6 500 euros maximum pour l’année. « C’est 22 euros par jour, a compté l’élue LFI Aminata Pouye. Quelle est leur utilité ? Le cadre n’est pas précis, nous demandons le retrait de ces frais. »

Là encore, pas d’accord : « Tous mes frais remboursés sont des frais constatés, aucun ne concerne des frais de représentation », objecte le maire. Une subvention proposée par le conseil municipal des enfants pour l’hôpital des enfants a fini par mettre tout le monde d’accord, mais quelque chose a bien changé dans la vie municipale de Talence.