Royan : La mandature de Patrick Marengo s'annonce tendue après un conseil municipal houleux
Royan : Mandature tendue pour Patrick Marengo après conseil houleux

Royan : Un conseil municipal révélateur des tensions à venir

Ce mardi 7 avril 2026, le conseil municipal de Royan a donné un avant-goût de ce que sera la prochaine mandature. Les échanges animés ont confirmé que le maire Patrick Marengo devra composer avec une opposition plus combative, notamment face aux cinq conseillers du Rassemblement national.

Des votes révélateurs de divisions profondes

Dès l'ouverture de la séance, le ton a été donné. Malgré l'absence de Nicolas Calbrix, tête de liste du RN, c'est Christophe Troyaux qui a endossé le rôle de principal contradicteur. Aux côtés du communiste Jacques Guiard et du centriste Thomas Lafarie, épaulé par Agnès Bouffartigue, l'opposition a montré sa détermination à contester les décisions de la majorité.

« On va vivre six ou sept années intéressantes », a lancé Patrick Marengo, anticipant déjà les débats animés à venir.

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Premier point de crispation : les délégations de pouvoir

Le premier vote concernait la délégation de pouvoirs du Conseil municipal au profit du maire, notamment concernant la possibilité d'emprunts pendant la mandature. Patrick Marengo a précisé être limité à 15 millions d'euros avec des durées ne pouvant excéder 25 ans.

Christophe Troyaux a immédiatement réagi : « Une majorité doit gouverner mais pas sans le contrôle du Conseil municipal. Ce dernier n'a pas été élu pour s'effacer derrière le maire mais pour délibérer, contrôler et rendre des comptes aux Royannais. Les pouvoirs délégués sont trop larges et les garanties de transparence faibles. Ce n'est pas notre conception de la démocratie locale. »

Résultat du vote : cinq voix contre du RN et une abstention de Jacques Guiard.

Le débat sensible des indemnités de fonction

Le deuxième sujet épineux concernait les indemnités de fonction. Patrick Marengo a annoncé les montants mensuels bruts : 3 803,87 euros pour le maire, 1 168,20 euros pour les neuf adjoints et 547,52 euros pour les huit conseillers municipaux délégués.

« Ce sont à peu près les mêmes indemnités qu'auparavant. J'étais attaché à ce que ça ne bouge pas. Il y a une augmentation de 4% de l'enveloppe globale mais on a un conseiller municipal délégué en plus », a souligné le maire.

Mais l'opposition a pointé du doigt l'absence d'indemnisation pour les élus d'opposition. Christophe Troyaux a rappelé que le code général des collectivités territoriales permet d'accorder des indemnités à tous les élus dans une commune comme Royan.

Thomas Lafarie a ajouté : « Ça se fait dans des villes voisines comme à Saujon, par exemple. Une somme symbolique versée à tout le monde aurait été possible. Parfois on participe à beaucoup plus de commissions que les élus de la majorité. J'en ai fait l'expérience. »

Jacques Guiard, qui avait fait la même intervention il y a six ans, a précisé : « Ce n'est pas l'aumône que je demande mais un statut de l'élu pour que tout le monde touche une indemnité pour le temps passé. Ceci dit je ferai une différence entre ceux qui ont un travail et qui peuvent perdre une partie de leur salaire en participant à la vie municipale et les retraités qui parfois n'ont que ça à faire. »

Le communiste a également rappelé que dans sa formation politique, les indemnités sont reversées au parti : « Il n'y a pas d'enrichissement personnel. »

Vote final : cinq voix contre (RN) et trois abstentions (Nouvel'R et Jacques Guiard).

La création d'un poste de directeur de cabinet contestée

Enfin, la volonté de Patrick Marengo de créer un poste de directeur de cabinet a suscité de vives réactions. Jusqu'à présent, le maire de Royan s'était toujours refusé à cette option.

« Là, je pense qu'il est utile que la Ville se dote d'un collaborateur qui sera par ailleurs en charge de la communication. Ce sera un jeune qui maîtrise parfaitement les réseaux sociaux », a justifié Patrick Marengo.

Jacques Guiard y voit « un emploi politique » et estime que « la majorité municipale est déjà pléthorique et bénéficie d'indemnités importantes. Pas besoin, donc, de création d'un poste à 65 000 euros brut à l'année. »

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Thomas Lafarie parle quant à lui d'un community manager : « Pour le coût je m'attendais à un profil type Master en sciences politiques, par exemple, pour aider le maire sur certains gros dossiers. »

Patrick Marengo a répliqué : « Le profil dont vous parlez, c'est 4 500 euros par mois et non 3 000 euros. C'était le salaire de Jean-Hubert Lelièvre il y a quelques années du temps de Didier Quentin. »

Dernier vote : six voix contre (RN et Jacques Guiard) et deux abstentions (Nouvel'R).

Une mandature qui s'annonce mouvementée

Ce conseil municipal inaugural a clairement établi les lignes de fracture pour les six ou sept années à venir. Patrick Marengo, qui s'attendait à devoir « davantage ferrailler » face à l'opposition, n'a pas été déçu. Les débats animés sur les délégations de pouvoir, les indemnités et la création d'un poste de directeur de cabinet ont montré que l'opposition, menée par Christophe Troyaux pour le RN et soutenue par Jacques Guiard et Thomas Lafarie, compte bien jouer son rôle de contre-pouvoir.

Les votes systématiquement contestés laissent présager une mandature où chaque décision devra être défendue avec conviction. La démocratie locale à Royan s'annonce vivante, mais aussi particulièrement tendue, avec des conceptions différentes de la transparence et de la représentation qui s'affronteront régulièrement dans l'hémicycle municipal.