Alors que la France s'apprête à vivre une éclipse solaire ce mercredi 12 août, une polémique enfle sur la prétendue impréparation de l'État face à la pénurie de lunettes adaptées. La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, a dénoncé un « fiasco », tandis que le député communiste Stéphane Peu a interpellé le gouvernement dès le 14 juillet, rappelant qu'en 1999, l'État avait acheté près de deux millions de lunettes pour les distribuer gratuitement aux populations fragiles et aux structures publiques.
Une polémique sur fond de pénurie
Cette année, certaines pharmacies sont en rupture de stock, ce qui a suscité des critiques acerbes. « Ce qu'il restera, c'est l'impréparation », a lancé Marine Tondelier, fustigeant un manque d'anticipation de la part des pouvoirs publics. De son côté, Stéphane Peu a saisi le gouvernement, soulignant que l'État avait déjà agi par le passé pour protéger les plus vulnérables.
Mais cette polémique interroge : faut-il vraiment attendre de l'État qu'il commande, stocke et distribue des lunettes à chaque citoyen ? Depuis des mois, la date de l'éclipse est connue. Depuis des semaines, les médias en parlent. Les recommandations sont disponibles : le ministère a publié une foire aux questions, l'Ordre des pharmaciens a relayé les consignes et les collectivités locales communiquent à leur tour.
Des règles simples, des responsabilités partagées
Les règles sont d'une simplicité enfantine : ne pas regarder le Soleil directement et utiliser des lunettes adaptées. Les pharmaciens et les opticiens, en tant que professionnels, connaissent leur clientèle et savent qu'un événement exceptionnel provoque une demande exceptionnelle. Anticiper fait partie de leur métier.
Quant aux parents, faut-il vraiment considérer qu'ils sont incapables de comprendre qu'une éclipse solaire peut être dangereuse pour les yeux de leurs enfants ? Cette polémique révèle peut-être un vieux réflexe français : face à n'importe quel problème, nous nous tournons immédiatement vers l'État pour nous informer, nous rassurer, organiser, distribuer, contrôler, compenser et, finalement, faire à notre place.
Distinguer responsabilité collective et individuelle
Il faut pourtant savoir distinguer la responsabilité collective de la responsabilité individuelle. L'État n'est pas notre parent. Il peut nous dire qu'un danger existe ; il ne peut pas vivre à notre place. Si l'État doit informer, prévenir lorsqu'un risque sanitaire est identifié et contrôler que les produits vendus respectent les normes, il ne doit pas se substituer aux citoyens dans leurs choix quotidiens.
En définitive, cette affaire de lunettes manquantes rappelle que la protection individuelle relève d'abord de chacun. L'État a fait sa part en communiquant largement ; aux citoyens de faire la leur en s'équipant à temps. La polémique sur l'« État dépendance » n'aura peut-être qu'un temps, mais elle pose une question de fond sur notre rapport à la puissance publique.



