À moins d'un an de l'élection présidentielle de 2027, le Rassemblement national (RN) semble en grande difficulté pour élaborer son programme. Selon une enquête de Libération publiée le 17 juillet 2026, le parti de Marine Le Pen est confronté à des divisions internes et à un manque de propositions concrètes, suscitant des inquiétudes parmi ses cadres.
Un calendrier serré et des tensions internes
Le RN prévoit de présenter son projet présidentiel en septembre 2026, mais les travaux préparatoires avancent lentement. Plusieurs sources internes rapportent des désaccords sur des sujets clés comme l'économie, l'immigration et l'Europe. « Nous sommes en retard sur le calendrier idéal », confie un député RN sous couvert d'anonymat. « Les réunions de travail sont souvent houleuses, et il n'y a pas de consensus sur les mesures phares. »
Marine Le Pen, candidate pressentie pour la troisième fois, tente de maintenir l'unité, mais les ambitions personnelles de certains cadres compliquent la tâche. Jordan Bardella, président du parti, est notamment cité comme une figure montante qui pourrait bousculer les équilibres.
Un programme jugé flou et peu crédible
Les observateurs politiques notent que le RN peine à renouveler son offre programmatique. « Le parti reste prisonnier de ses vieilles recettes : priorité nationale, sortie de l'Union européenne, baisse des impôts », analyse Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l'extrême droite. « Mais ces propositions manquent de chiffrages et de réalisme budgétaire. »
Un sondage Ifop réalisé en juin 2026 indique que seulement 34% des Français jugent le programme du RN « crédible », contre 52% pour celui de La République en marche et 48% pour Les Républicains. Ce déficit de crédibilité pourrait handicaper la campagne de Marine Le Pen, qui reste pourtant en tête des intentions de vote avec 28% des suffrages au premier tour.
Des absences remarquées sur les sujets sociétaux
Le RN est également critiqué pour son silence sur des enjeux contemporains comme la transition écologique, les droits LGBTQ+ ou la réforme des retraites. « Le parti semble vivre en vase clos, sans prendre en compte les évolutions de la société », déplore la députée écologiste Marie Toussaint. « Sur le climat, par exemple, ils n'ont aucune proposition sérieuse. »
Interrogé sur ce point, un conseiller de Marine Le Pen répond : « Nous avons un projet cohérent, mais nous préférons prendre le temps de la réflexion plutôt que de faire des annonces précipitées. »
À l'approche de l'échéance électorale, le RN devra accélérer ses travaux pour convaincre les électeurs et ses propres troupes. Faute de quoi, la « grande vacance » programmatique pourrait se transformer en cauchemar pour le parti d'extrême droite.



