La cérémonie des Molières, diffusée le 4 mai sur France 2, a été marquée par une série de clins d'œil adressés au député Charles Alloncle, rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public. L'ouverture a été assurée par les travestis de la comédie musicale « la Cage aux folles », suivie d'une longue intervention de Paloma, la drag queen gagnante de « Drag Race », une émission que le député a vivement critiquée. L'humoriste Merwane Benlazar, connu pour une polémique vestimentaire passée, est apparu vêtu d'une marinière. Enfin, une parodie des auditions de la commission a été jouée par Laurent Stocker de la Comédie-Française, incarnant Charles Alloncle. Ce festival d'ironie a précédé de peu la publication du rapport, le 5 mai, issu de 67 auditions menées du 25 novembre au 8 avril.
Un rapport volumineux et controversé
Le rapport, qui compte 560 pages incluant les contributions d'autres parlementaires, aboutit à 69 recommandations souvent disparates. Certaines chiffrent les dépenses autorisées au Festival de Cannes ou le sort des voitures de fonction. L'objectif affiché est de réformer en profondeur l'audiovisuel public, mais le texte a peu de chances d'être appliqué en l'état. Il sert surtout à inscrire le sujet dans le débat de la prochaine présidentielle.
Les recommandations clés
- Réduction des budgets alloués aux programmes jugés « non conformes » aux valeurs républicaines.
- Suppression de certaines émissions jugées polémiques, comme « Drag Race ».
- Limitation des dépenses de fonctionnement, notamment les voitures de fonction.
- Renforcement du contrôle parlementaire sur les nominations à la tête des chaînes publiques.
Une privatisation en toile de fond
Derrière ces mesures, l'idée d'une privatisation partielle ou totale de l'audiovisuel public fait son chemin. Plusieurs élus de la majorité et de l'opposition y voient un moyen de réduire la dette publique et d'augmenter la concurrence. Cependant, les syndicats et une partie de la gauche dénoncent une atteinte au service public et à la diversité culturelle.
Le rapport Alloncle, bien que probablement enterré, a le mérite de relancer un débat essentiel sur l'avenir de l'audiovisuel public en France. La prochaine présidentielle pourrait être l'occasion de trancher entre maintien, réforme ou privatisation.



