Dans une tribune publiée dans Midi Libre, Julien Devèze, délégué national au Projet Libéral-Démocrate Les Centristes et originaire du Gard, estime que la campagne présidentielle qui s'ouvre se focalise à tort sur le « quoi » plutôt que sur le « comment ». Selon lui, les candidats devraient expliquer leur méthode de décision : collective ou verticale ?
Le mythe de l'homme providentiel remis en question
Devèze critique la tendance à attribuer les échecs politiques à des individus, soulignant que « quand on a changé cinq fois de capitaine et que le Titanic continue de faire cap vers l'iceberg, peut-être faut-il se demander si les commandes répondent encore ». Il appelle à interroger le mythe de l'homme providentiel et à reconnaître qu'il n'y a pas de solution miracle aux crises sociales, économiques et environnementales, mais seulement des choix collectifs.
L'épuisement du scrutin majoritaire
La tribune pointe du doigt les législatives de 2024, qui ont montré selon l'auteur « l'épuisement du scrutin majoritaire ». Devèze affirme que ce système a fini par devenir « le simple calque de l'archipel sociologique français », sans exprimer correctement les sensibilités politiques. Il prévient que rien n'indique que le président élu en 2027 disposera d'une majorité claire, et que même si une majorité émergeait, sa légitimité à transformer le pays ne serait pas garantie.
La Ve République en question
Pour Devèze, l'institution de la Ve République, conçue pour sortir de l'impuissance parlementaire, a sacrifié la représentativité sur l'autel de l'efficacité, produisant « des rancœurs et des renoncements ». Il estime que la première réforme du prochain président doit porter sur les règles du jeu, non pour décider plus vite, mais pour décider plus légitimement.
La proportionnelle comme solution
L'auteur propose de rouvrir le débat sur la proportionnelle, seule capable selon lui de restaurer la représentativité et de rendre nécessaire la délibération entre options différentes. Il suggère deux voies : « réapprendre le parlementarisme » ou « rééquilibrer l'exécutif avec un régime où le Président assumerait la conduite de la politique de la Nation face à un Parlement capable de négocier ». Cela doterait le pays de véritables contre-pouvoirs et obligerait l'exécutif à convaincre, composer et rechercher des majorités de projet.
Un appel à ne pas laisser la démocratie s'éteindre
Devèze conclut en avertissant que refuser de poser cette question reviendrait à « laisser notre démocratie s'éteindre plus vite qu'on ne le croit ». La tribune s'inscrit dans le débat pour la présidentielle de 2027, alors que les Centristes du Gard ont déjà choisi Laure Alteirac comme cheffe de file pour les municipales de 2026.



