Primaire à gauche enterrée : LFI joue le rapport de force
Primaire à gauche enterrée : LFI joue le rapport de force

La France insoumise (LFI) a officiellement enterré ce vendredi l'idée d'une primaire à gauche pour désigner un candidat commun à la présidentielle de 2027. Le parti de Jean-Luc Mélenchon mise sur un rapport de force pour imposer son leadership, au grand dam des autres formations de gauche.

Une décision unilatérale de LFI

Lors d'une réunion de la direction de LFI, il a été décidé de ne pas participer à un processus de primaire, jugé « inutile et contre-productif ». Selon un communiqué du parti, « la primaire est un piège qui affaiblit la gauche et la divise ». Cette décision a été prise sans concertation avec les autres partis, ce qui a suscité de vives réactions.

Le Parti socialiste (PS) a exprimé son mécontentement. « C'est une méthode brutale qui ne respecte pas les partenaires », a déclaré Olivier Faure, premier secrétaire du PS. « L'union ne se décrète pas, elle se construit. »

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Un rapport de force assumé

LFI assume pleinement cette stratégie. « Nous sommes la force politique la plus importante à gauche, c'est un fait. Nous ne nous laisserons pas dicter notre conduite par des partis qui n'ont pas notre ancrage populaire », a affirmé un cadre de LFI sous couvert d'anonymat. Selon un sondage Ifop réalisé en juin 2025, LFI recueille 12% d'intentions de vote, contre 8% pour le PS et 6% pour les écologistes.

Cette position de force permet à LFI de dicter ses conditions. Le parti propose désormais une « union populaire » autour de son programme, sans passer par une primaire. Les autres partis sont invités à se rallier, sous peine d'être marginalisés.

Réactions des autres partis de gauche

Les écologistes d'EELV ont également critiqué cette décision. « On ne construit pas l'union en imposant un diktat », a réagi Marine Tondelier, secrétaire nationale d'EELV. « Si LFI veut vraiment rassembler, elle doit accepter le dialogue et le compromis. »

Le Parti communiste (PCF) se montre plus nuancé. « Nous prenons acte de la décision de LFI, mais nous continuerons à travailler pour une candidature unique », a déclaré Fabien Roussel, secrétaire national du PCF. « L'essentiel est de battre la droite et l'extrême droite. »

Les conséquences pour la gauche

Cette décision enterre définitivement l'espoir d'une primaire à gauche, qui avait été évoquée après les législatives de 2024. Les divisions persistent, et l'unité semble plus lointaine que jamais. Selon un expert politique, « LFI joue un jeu risqué : en imposant un rapport de force, elle pourrait obtenir un ralliement, mais aussi provoquer une scission définitive. »

Les prochains mois seront décisifs pour savoir si cette stratégie portera ses fruits ou si elle conduira à une fragmentation accrue de la gauche.

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