Primaire à gauche en 2025 : Jérôme Guedj (PS) se dit favorable
Primaire à gauche en 2025 : Jérôme Guedj (PS) pour

Le député socialiste de l'Essonne Jérôme Guedj a annoncé, mardi 27 février 2024, être favorable à l'organisation d'une primaire à gauche en vue de l'élection présidentielle de 2027. Interrogé par Le Point, l'élu a estimé que ce processus permettrait de rassembler les différentes forces de gauche autour d'un projet commun et d'éviter une dispersion des voix au premier tour.

Un appel à l'unité de la gauche

« Je suis pour une primaire de la gauche en 2025, a déclaré Jérôme Guedj. Il faut que les formations de gauche, les écologistes, les socialistes, les communistes et les insoumis, puissent se mettre d'accord sur un candidat et un programme. » Selon lui, cette primaire devrait être ouverte aux sympathisants de gauche et pas seulement aux adhérents des partis, afin de « donner une légitimité populaire au vainqueur ».

Le député PS a précisé que cette primaire devrait avoir lieu « au premier semestre 2025 », soit deux ans avant le scrutin présidentiel. Il a souligné que le calendrier actuel est « trop serré » pour permettre une réelle construction collective. « Si on attend 2026, ce sera trop tard, car les appareils politiques reprendront le dessus et les ego l'emporteront sur l'intérêt général », a-t-il averti.

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Les réactions dans les rangs de la gauche

Cette proposition intervient alors que les relations entre les différentes composantes de la gauche sont tendues depuis l'échec de la Nupes (Nouvelle Union populaire écologique et sociale) aux élections européennes de 2024. Plusieurs responsables de La France insoumise (LFI) ont déjà exclu l'idée d'une primaire, jugeant que Jean-Luc Mélenchon reste le « candidat naturel » de la gauche radicale.

De son côté, le Parti communiste français (PCF) a accueilli favorablement l'idée d'une primaire, à condition qu'elle soit « ouverte et transparente ». La secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts (EELV), Marine Tondelier, a également estimé que « l'unité de la gauche passe par un processus démocratique ».

Jérôme Guedj a reconnu que la tâche serait difficile, mais il a insisté sur la nécessité de « dépasser les querelles de personnes ». « Nous avons une responsabilité historique, a-t-il affirmé. Si la gauche n'est pas capable de s'unir, elle laissera le champ libre à l'extrême droite et à la droite libérale. »

Un calendrier précis pour la primaire

Le député PS a esquissé les grandes lignes de sa proposition : une primaire organisée en deux tours, avec un premier tour en mars 2025 et un second en avril 2025. Les candidats devraient recueillir au moins 500 parrainages d'élus ou de militants pour se présenter. Le vote serait ouvert à tous les citoyens se reconnaissant dans les valeurs de la gauche, sur la base d'une déclaration d'intention.

« Il ne s'agit pas d'exclure qui que ce soit, mais de créer un cadre clair et accepté par tous », a expliqué Jérôme Guedj. Il a également suggéré que les candidats s'engagent à respecter le résultat du scrutin et à soutenir le vainqueur dès le premier tour de la présidentielle.

Cette initiative a déjà suscité des réactions mitigées au sein du Parti socialiste. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, n'a pas encore pris position officiellement, mais plusieurs cadres du parti ont exprimé leur scepticisme quant à la faisabilité d'une telle primaire. « Les socialistes doivent d'abord reconstruire leur propre maison avant de vouloir fédérer les autres », a commenté un député PS sous couvert d'anonymat.

Jérôme Guedj a toutefois assuré qu'il continuerait à porter ce projet dans les mois à venir. « Je ne lâcherai pas, a-t-il conclu. L'avenir de la gauche dépend de sa capacité à s'unir. »

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