Peut-on interdire les photos de politiques avec leurs chiens ?
Photos de politiques avec chiens : peut-on les arrêter ?

Une proposition choc pour en finir avec les clichés canins

Le député écologiste Julien Bayou a déposé une proposition de loi visant à interdire les photographies de responsables politiques accompagnés de leurs chiens dans les communications officielles. Selon lui, ces images sont devenues un « artifice de communication » qui détourne l'attention des vrais enjeux politiques. « On ne peut plus ouvrir un journal ou un fil Twitter sans voir un élu poser avec son labrador ou son berger allemand », a-t-il déclaré à l'Assemblée nationale.

Un phénomène en pleine expansion

La pratique s'est répandue ces dernières années, notamment lors des campagnes électorales. En 2022, 34 % des candidats à la présidentielle avaient publié au moins une photo avec un chien sur leurs réseaux sociaux, selon une étude de l'Observatoire de la communication politique. Les plus célèbres sont sans doute le golden retriever de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, nommé « Philou », et le corgi de la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui apparaît régulièrement dans ses vœux.

Un débat sur l'authenticité

Les opposants à cette proposition estiment qu'il s'agit d'une atteinte à la liberté d'expression et à la spontanéité des élus. « Les animaux font partie de la vie des Français, pourquoi les politiques n'auraient-ils pas le droit de montrer leur complicité avec leur compagnon à quatre pattes ? », s'interroge le député LR Pierre-Henri Dumont. De son côté, la majorité présidentielle n'a pas encore pris position, mais plusieurs députés LREM ont exprimé leur scepticisme.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un impact sur la communication politique

Si la loi était adoptée, elle pourrait changer la manière dont les politiques se présentent au public. Les experts en communication soulignent que les photos avec des animaux sont un moyen efficace de humaniser les candidats. « Un chien crée une proximité émotionnelle immédiate », explique Sophie Gagnier, professeure en sciences politiques à Sciences Po. « Mais cela peut aussi être perçu comme une manipulation si c'est trop systématique. »

Les réactions du monde canin

Les associations de protection animale sont partagées. La Société protectrice des animaux (SPA) a publié un communiqué dans lequel elle estime que « les animaux ne doivent pas être utilisés comme des accessoires politiques ». En revanche, le Syndicat national des éleveurs canins a dénoncé une « mesure liberticide » qui pénaliserait les propriétaires de chiens.

La proposition de loi devrait être examinée en commission dans les prochaines semaines. Son auteur espère qu'elle aboutira, même s'il reconnaît que « les chances sont minces ». En attendant, les photos de politiques avec leurs chiens continuent de fleurir sur les réseaux sociaux.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale