Le député de La France insoumise (LFI) Allan Brunon a affirmé avoir soutenu le blocus d'un concert de l'artiste Barbara Butch, prévu le 22 juillet 2026 à Grenoble. Dans un entretien à Libération, il a justifié cette action en estimant que la présence de l'artiste, connue pour ses positions féministes et LGBTQIA+, était incompatible avec l'unité de la gauche. Cette déclaration a provoqué une onde de choc au sein de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) et au-delà.
Un blocus revendiqué
Le concert de Barbara Butch, prévu à la salle de spectacle La Belle Électrique, a été perturbé par un groupe de manifestants se réclamant de l'ultragauche. Allan Brunon, présent sur place, a reconnu avoir encouragé le blocus, affirmant que l'artiste représentait une forme de "libéralisme culturel" nuisible à la cause des travailleurs. "Je ne peux pas cautionner un événement qui divise notre camp", a-t-il déclaré, cité par Libération.
Réactions politiques
Cette prise de position a suscité de vives réactions. Plusieurs figures de la Nupes, dont la députée écologiste Sandrine Rousseau, ont condamné le blocus, le qualifiant d'"acte liberticide". "La gauche ne doit pas être celle qui empêche les artistes de s'exprimer", a-t-elle tweeté. De son côté, le Parti socialiste a demandé des excuses publiques à Allan Brunon, tandis que le gouvernement a dénoncé une "atteinte à la liberté d'expression". Le ministre de l'Intérieur a annoncé l'ouverture d'une enquête pour entrave à la liberté de réunion.
Barbara Butch réagit
Barbara Butch, artiste et militante, a exprimé sa déception dans un communiqué. "Je suis triste que ma musique soit instrumentalisée politiquement. Je pensais que la gauche était un espace de tolérance", a-t-elle écrit. Elle a également reçu le soutien de nombreuses associations LGBTQIA+ et féministes, qui ont dénoncé un "tournant autoritaire" au sein de LFI.
Les dessous du conflit
Cet incident révèle les tensions persistantes au sein de la gauche française. Allan Brunon, élu dans la 1re circonscription de l'Isère, est connu pour ses positions radicales sur les questions culturelles. Il avait déjà critiqué par le passé des événements qu'il jugeait "élitistes" ou "déconnectés" des classes populaires. De son côté, Barbara Butch, devenue une icône de la lutte contre les discriminations, est régulièrement la cible d'attaques de l'extrême droite. Ce blocus marque une escalade inédite dans les divisions internes de la gauche.
Un précédent inquiétant
Pour certains observateurs, cet événement pourrait créer un précédent dangereux. "C'est la première fois qu'un élu de la gauche radicale revendique ouvertement un blocus culturel", analyse le politologue Jean-Yves Camus. "Cela risque de normaliser des méthodes d'intimidation qui n'ont pas leur place dans une démocratie."
Le débat est désormais lancé sur les limites de la légitimité politique. Allan Brunon, lui, assume sans détour : "Parfois, il faut savoir dire non pour préserver l'unité. Je ne regrette rien."



