Monique Barbut prête à démissionner contre les néonicotinoïdes
Monique Barbut menace de démissionner sur les néonicotinoïdes

Monique Barbut, présidente du Conseil d'orientation de l'Office français de la biodiversité (OFB), a réaffirmé sa détermination à démissionner si le gouvernement autorise le retour des néonicotinoïdes. Dans un entretien au Monde, elle déclare : « Je ne peux pas cautionner une décision qui va à l'encontre de la protection de la biodiversité. » Cette menace intervient alors que le gouvernement étudie la possibilité de réintroduire ces pesticides, interdits depuis 2018 en raison de leur toxicité pour les abeilles.

Un conflit ouvert avec le gouvernement

La position de Monique Barbut est claire : elle refuse de cautionner ce qu'elle considère comme un recul environnemental majeur. Selon elle, « le retour des néonicotinoïdes serait une catastrophe pour les pollinisateurs et pour l'agriculture durable ». L'OFB, établissement public chargé de la protection de la biodiversité, est directement concerné par cette décision. Barbut avait déjà menacé de démissionner en 2023 lors d'un précédent projet de réintroduction, mais le gouvernement avait alors reculé.

Les enjeux économiques et écologiques

Le gouvernement justifie cette possible réintroduction par la nécessité de soutenir la filière betteravière, confrontée à la jaunisse virale transmise par les pucerons. Les néonicotinoïdes, utilisés en enrobage de semences, sont efficaces contre ce fléau mais dévastateurs pour les abeilles. Une étude de l'INRAE de 2021 estime que leur usage entraîne une mortalité supplémentaire de 30 % des colonies d'abeilles. Les associations environnementales, comme Pollinis ou Greenpeace, dénoncent un « sacrifice de la biodiversité sur l'autel de l'agro-industrie ».

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Une opposition politique et sociétale

La menace de démission de Monique Barbut a été saluée par plusieurs ONG, mais critiquée par les syndicats agricoles majoritaires, comme la FNSEA, qui y voient une « obstruction idéologique ». Le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, a tenté de calmer le jeu en évoquant une « solution encadrée et temporaire ». Cependant, Barbut rétorque qu'« il n'existe pas d'usage encadré d'un poison ». Le débat divise jusqu'au sein du gouvernement, où certains ministres écologistes s'opposent à ce retour.

Quel avenir pour la biodiversité ?

Si le gouvernement passe outre, Monique Barbut quittera son poste, ce qui affaiblirait l'OFB et enverrait un signal négatif aux acteurs de la protection de l'environnement. Elle appelle à une « véritable transition agricole » et rappelle que des alternatives existent, comme les variétés résistantes ou les auxiliaires de culture. La décision finale est attendue dans les prochaines semaines, alors que les betteraviers, eux, réclament des solutions urgentes face à une baisse de rendement de 20 % en 2025.

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