Les écologistes tentent d'imposer le débat sur le congé climatique
Les écologistes veulent imposer le débat sur le congé climatique

Les députés écologistes ont déposé une proposition de loi visant à créer un « congé climatique » pour les personnes touchées par des événements météorologiques extrêmes, une initiative qui relance le débat sur l'adaptation au changement climatique en France. Le texte, examiné en commission le 16 juillet 2026, prévoit un arrêt de travail indemnisé pour les salariés dont le logement ou le lieu de travail est endommagé par une inondation, un incendie ou une tempête.

Un dispositif inspiré de modèles étrangers

La proposition s'inspire de dispositifs existants dans d'autres pays, comme le « climate leave » en Nouvelle-Zélande ou le « disaster leave » aux États-Unis. Selon la députée écologiste Marie Pochon, rapporteure du texte, « ce congé permettrait aux victimes de se concentrer sur leur sécurité et la reconstruction sans craindre une perte de revenus ». Le congé serait valable jusqu'à cinq jours ouvrés par an, renouvelable en cas de sinistre multiple, et serait financé par la Sécurité sociale.

L'opposition du gouvernement

Le gouvernement s'est opposé à la mesure, la jugeant trop coûteuse et complexe à mettre en œuvre. La ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a estimé que « les dispositifs existants, comme le chômage technique ou les congés payés, suffisent à couvrir ces situations exceptionnelles ». Cependant, les écologistes rétorquent que ces mécanismes ne sont pas adaptés, car ils ne couvrent pas les victimes d'événements climatiques soudains et imprévisibles.

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Un rapport de l'Assemblée nationale de 2025 indique que 1,2 million de personnes ont été affectées par des catastrophes naturelles en France entre 2020 et 2025, avec une augmentation de 30 % des sinistres liés au climat. « Face à cette tendance, il est urgent de créer un filet de sécurité spécifique », a déclaré le député écologiste Julien Bayou.

Un débat qui s'élargit

La proposition a reçu le soutien de plusieurs syndicats, dont la CFDT et la CGT, qui y voient une avancée sociale face aux défis climatiques. En revanche, le Medef a critiqué le texte, le qualifiant de « nouvelle charge pour les entreprises » dans un contexte économique déjà tendu. Les écologistes espèrent que le débat en séance publique, prévu pour l'automne 2026, permettra de sensibiliser l'opinion et de faire évoluer la position du gouvernement.

Selon un sondage Ifop réalisé en juin 2026, 67 % des Français se disent favorables à l'instauration d'un congé climatique, un chiffre qui monte à 82 % chez les moins de 35 ans. Cette popularité pourrait contraindre l'exécutif à revoir sa copie, d'autant que plusieurs députés de la majorité se sont dits ouverts à une discussion sur le sujet.

Les défis de la mise en œuvre

Le texte prévoit également un volet préventif, avec des obligations pour les employeurs de former les salariés aux risques climatiques et de mettre à jour les plans d'urgence. Les écologistes insistent sur la nécessité d'une approche globale, incluant des mesures d'adaptation des bâtiments et des infrastructures. « Le congé climatique n'est qu'une pièce d'un puzzle plus vaste », a souligné Marie Pochon.

Le gouvernement, de son côté, préfère miser sur le fonds de solidarité pour les catastrophes naturelles, doté de 200 millions d'euros par an, mais dont les délais d'indemnisation sont souvent critiqués. Un rapport de la Cour des comptes de 2024 a pointé des délais moyens de six mois pour l'indemnisation des sinistrés, un temps jugé trop long par les associations de victimes.

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