Le Conseil d'État a rejeté, ce 30 avril, le recours du groupe antifasciste La Jeune Garde contre le décret de dissolution pris le 12 juin 2025, indique un communiqué de la plus haute juridiction administrative. Cette décision intervient alors que le parquet de Paris a été saisi d'un dossier pour "reconstitution de ligue dissoute", après la mort de Quentin Deranque, militant d'extrême droite de 23 ans, décédé à Lyon après une violente rixe. Plusieurs suspects mis en examen sont présentés comme proches de cette mouvance.
Actions de "vigilance antifasciste"
Dans sa décision, le Conseil d'État relève que ce groupement, fondé en 2018 à Lyon par le député LFI Raphaël Arnault, menait des actions de "vigilance antifasciste", incitant ses membres à des confrontations physiques. Des stages d'"auto-défense" étaient notamment organisés pour préparer des affrontements. Le groupement est aussi accusé d'avoir cherché à exclure physiquement certaines personnes de l'espace public, notamment lors d'opérations de "quadrillage" de quartiers ou en empêchant d'autres mouvements de manifester.
Une dissolution jugée "adaptée, nécessaire et proportionnée"
Des comptes "Antifa Squads" ont revendiqué en ligne des actions violentes attribuées à La Jeune Garde. Des groupes locaux les suivaient et validaient ces publications, sans que les responsables du groupement ne les contestent ni ne s'en désolidarisent, souligne la juridiction. Enfin, le Conseil d'État estime que les provocations du groupement ont été régulièrement suivies d'actes violents, souvent à l'initiative de ses membres, sans condamnation interne. La dissolution de La Jeune Garde est donc jugée "adaptée, nécessaire et proportionnée" à la gravité des atteintes à l'ordre public constatées.



