À l'Assemblée, les insoumis squattent la niche des ciottistes
Insoumis squattent la niche des ciottistes à l'Assemblée

Ce mardi 25 juin, les députés de La France Insoumise (LFI) ont investi la niche parlementaire réservée au groupe d'Éric Ciotti, provoquant une séance houleuse à l'Assemblée nationale. La manœuvre, orchestrée par le groupe LFI, vise à dénoncer l'inaction du gouvernement sur le pouvoir d'achat et à mettre en lumière les divisions au sein de la majorité.

Une occupation inédite de l'hémicycle

Dès l'ouverture de la séance, les députés insoumis ont pris place dans les travées habituellement occupées par les députés du groupe Les Républicains (LR), dont Éric Ciotti est le président. Cette occupation symbolique a duré plusieurs heures, perturbant le déroulement des débats. Selon un député LFI présent, « c'était une action pacifique mais déterminée pour rappeler que le mépris du gouvernement envers les classes populaires ne passera pas ».

La présidence de l'Assemblée a dû suspendre la séance à deux reprises pour tenter de calmer les esprits. Au total, 15 députés LFI ont été exclus temporairement de l'hémicycle pour avoir refusé de regagner leurs places. « C'est une violation flagrante du règlement intérieur », a dénoncé le député LR Pierre-Henri Dumont.

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Un bras de fer sur le pouvoir d'achat

Cette action intervient alors que le débat sur le projet de loi pouvoir d'achat est au point mort. Les insoumis réclament un blocage des prix des produits de première nécessité et une augmentation du SMIC à 1 600 euros net. Selon un sondage Elabe, 67 % des Français soutiennent ces mesures. « Le gouvernement préfère protéger les intérêts des grandes entreprises plutôt que de répondre aux urgences sociales », a déclaré la députée LFI Mathilde Panot.

Éric Ciotti, de son côté, a qualifié l'action des insoumis de « coup de force antidémocratique ». Il a annoncé son intention de saisir le bureau de l'Assemblée pour demander des sanctions. « Nous ne laisserons pas des députés LFI dicter leur loi dans l'hémicycle », a-t-il affirmé.

Les réactions politiques

La majorité présidentielle a condamné cette occupation. Le ministre des Relations avec le Parlement, Franck Riester, a parlé d'« un spectacle regrettable qui nuit à l'image de nos institutions ». De son côté, le Rassemblement national a ironisé sur cette action : « Les insoumis font du théâtre pendant que les Français triment », a tweeté Marine Le Pen.

Cette séquence intervient dans un climat politique tendu, alors que le gouvernement fait face à une motion de censure déposée par l'alliance Nupes. Selon un analyste politique interrogé par Libération, « cette action illustre la radicalisation des méthodes de l'opposition, qui cherche à exister médiatiquement en l'absence de majorité absolue ».

Quelles conséquences pour la suite ?

L'occupation de la niche des ciottistes pourrait avoir des répercussions sur la suite des travaux parlementaires. Le groupe LR a menacé de bloquer les prochains textes de loi si des sanctions ne sont pas prises. De son côté, LFI promet de nouvelles actions si le gouvernement ne cède pas sur le pouvoir d'achat. « Nous ne lâcherons rien », a prévenu Jean-Luc Mélenchon dans un communiqué.

Cette journée restera comme un précédent dans l'histoire récente de l'Assemblée nationale, où les conflits de procédure se multiplient depuis les élections législatives de 2022. Selon les chiffres de l'Assemblée, le nombre de suspensions de séance a augmenté de 40 % par rapport à la précédente législature.

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