Soupçons d'agressions sexuelles : animateur suspendu à Montpellier, parents sous le choc
Soupçons d'agressions sexuelles : animateur suspendu à Montpellier

Des soupçons d'agressions sexuelles secouent une école maternelle à Montpellier. Un nouvel animateur a été suspendu, deux plaintes ont été déposées et plusieurs enfants ont été entendus par la police. Les parents dénoncent une opacité "terrible".

Un animateur suspendu après une plainte

Ce jeudi midi, quelques parents angoissés attendent devant l'école maternelle Jean de la Fontaine sur les quais du Verdanson. La veille, ils ont reçu un mail de la Ville les convoquant à une réunion d'information, ce lundi 29 juin, au sujet de "faits graves". Ils ont naturellement voulu en savoir plus en emmenant leur progéniture, le matin, à l'école. La directrice a reçu une vingtaine d'entre eux, dans un climat tendu, aux côtés d'une inspectrice d'Académie, un agent de la Ville et du Rectorat. Elle les a informés qu'un animateur du périscolaire avait été suspendu, à titre conservatoire, en mars dernier après qu'une plainte a été déposée par les parents d'un petit garçon pour des soupçons d'agressions sexuelles.

"La famille a alerté le Pôle éducation", explique Tasnime Akbaraly, adjointe en charge de la réussite scolaire. "Nous avons aussitôt suspendu cet animateur vacataire qui exerçait aussi à l'école Jules-Verne. Nous avons retracé son parcours. Il travaillait depuis un an et demi environ."

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Deux plaintes et plusieurs enfants entendus

Depuis, trois enfants ont été entendus par la Brigade des mineurs de la police. D'autres élèves ont été cités dans la procédure. L'individu a été placé en garde à vue, une enquête est en cours. Un deuxième dépôt de plainte aurait été enregistré plus récemment à l'Hôtel de police.

"Un séisme", avoue une maman. "Une bombe", ajoute une autre. Un papa parle de "sidération", une maman explique être à la fois étonnée, en colère, angoissée, mais surtout démunie. "On ne s'y attendait pas, mais vraiment pas." L'une d'entre elles confie : "Il y a quelques mois, ma fille se plaignait de brûlures aux parties intimes. Sur le moment je n'y ai pas prêté attention. J'avais même oublié. Mais depuis ce matin, ça m'est revenu comme un boomerang. Depuis je cogite. Je me refais la scène, c'est terrible." Complètement perdue, elle a pris rendez-vous chez son médecin traitant pour qu'il puisse examiner la fillette.

La lenteur de l'information dénoncée

"D'autant plus que ça fait quatre mois que l'école est au courant. Pourquoi n'avons-nous pas été prévenus avant ? On aurait pu agir, interroger les enfants ou prendre des rendez-vous…" Un parent souligne le fait que l'animateur "a immédiatement été écarté. Mais d'un autre côté, la lenteur de la Ville à informer les parents est incompréhensible".

L'adjointe à la réussite éducative justifie le silence de la Ville par "l'injonction des enquêteurs de ne pas communiquer afin de leur laisser le temps de mener l'instruction en auditionnant les enfants, en appelant les autres familles…" Accompagnée par les professionnels du CHU de Montpellier, la Ville est très prudente sur la façon de "partager les informations avec les parents", indique l'élue. Elle invite les parents à visionner la vidéo de la conférence organisée pour identifier les signes d'agressions sexuelles chez les enfants qui est disponible sur le site internet de la Ville.

Mesures prises et précédents

Parmi les mesures prises, un signalement auprès de la Direction régionale Jeunesse et sport a été effectué. "Un arrêté d'interdiction d'exercer une fonction en lien avec des mineurs a été pris à l'encontre du suspect." Autre point : un formulaire de signalement de faits et une cellule d'écoute psychologique ont été mis en place. Un dispositif permet d'aiguiller les enfants vers les associations comme France victime.

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Ces nouvelles révélations viennent s'ajouter à celle du printemps dernier. Un animateur avait été mis en examen à la mi-mars pour des soupçons de viols et d'agressions sexuelles commis en 2024 sur une quinzaine de petites filles âgées de 7 à 12 ans à l'école Charles-Dickens et au centre de loisirs Astérix. L'individu avait été suspendu de ses fonctions d'animateur en novembre 2024. La Ville avait engagé une procédure disciplinaire en vue d'une révocation et s'était portée partie civile afin de suivre les évolutions judiciaires. Lors d'un récent conseil de Métropole, le président Michaël Delafosse avait expliqué "qu'un vaste plan sur la formation, la détection et la sensibilisation serait proposé. Tout le monde est très attaché à la protection de l'enfance. L'intégrité d'un enfant, c'est sacré."