L'indignation comme moteur pour relever la France
Car l'indignation nous donnera, le moment venu, à nous autres Français, plus de force encore pour remettre le pays debout. Le pire, quand rien ne va plus autour de vous, c'est l'habitude, l'aquoibonisme étant hélas devenu, avec le cynisme, l'une des grandes religions du nouveau millénaire.
Les maux qui menacent la France
Parmi tous les maux qui menacent la France, il y a, outre un endettement délirant de l'État, la tentation révolutionnaire et un retour encore symbolique à la Terreur de 1793 sur fond de violence verbale. Ensuite, une fascination morbide pour le communautarisme à l'anglo-saxonne dont l'échec crève pourtant les yeux en Belgique ou au Royaume-Uni.
Après les appels à l'insurrection populaire du maire LFI de Saint-Denis, voici les vœux de mort proférés par un soi-disant humoriste. Et ça passe crème ou presque ! Normal : c'est sur Radio Nova, réputée proche de LFI. Vous êtes priés de rire quand, à propos de la merveilleuse Sophia Aram, un militant de l'ultragauche déguisé en comique souhaite que, devenue daltonienne, elle traverse les clous au feu rouge (« et bam ! » avant que la voiture « repasse en marche arrière »). Il formule aussi le vœu que Gabriel Attal attrape un cancer du pancréas.
Même pas drôle ! Revenez, Coluche, Desproges, Guillon et les autres ! Tant d'abjection autosatisfaite ne peut arracher le moindre sourire à personne. Ce n'est pas de l'humour mais de la haine, avec, dans l'assistance, les rires de hyène afférents. Assourdissant aura néanmoins été le silence de nos chers « intellectuels » par nature si indignés ou des prétendues hautes autorités comme l'Arcom censées « réguler » la liberté d'expression sur les antennes. Oh, pardon, j'avais encore oublié : tels sont les effets du privilège de gauche.
L'infamie dépend de la couleur de l'émetteur : le rouge lave toujours plus blanc, que voulez-vous. Imaginez un instant des « blagues » de ce genre dans une réunion publique du RN ou sur une radio de droite. C'eut été un séisme national. Là, non. C'est que le propriétaire de Radio Nova s'appelle Matthieu Pigasse, coactionnaire avec Xavier Niel du Monde et de Médiawan, principal producteur privé de France Télévisions : ce ploutocrate florissant qui se rêve en Macron de l'ultragauche a la carte du camp du Bien et, en plus, il a fait don de sa personne pour combattre l'extrême droite. Que demande le peuple ?
Les déclarations controversées d'Emmanuel Macron sur les binationaux
Dans un autre genre, les déclarations d'Emmanuel Macron sur les binationaux n'ont pas provoqué le tollé qu'elles méritaient. Le 12 mai, lors de son voyage en Afrique, le président a fustigé à juste titre ceux qui, à l'extrême droite, intiment aux étrangers qui sont entrés dans la communauté nationale d'être totalement français et d'« oublier le reste ». Selon lui, les binationaux seraient 100 % français et 100 % de leur nationalité d'origine et leur double ancrage serait « un trésor » et « une chance » pour la France. Ce n'est pas un binational comme l'auteur de ces lignes, qui contredira le président. Mais si on ne lui reprochera pas de célébrer les diasporas, pourquoi ne reconnaît-il pas, à la fin, la primauté sur le reste de notre belle langue française ?
Que la France soit une terre d'immigration, c'est un fait. Elle a même été fondée à la fin du Ve siècle par un Barbare, très précisément un Belge de langue germanique, Clovis 1er, roi des Francs, qui a donné le nom des siens au royaume qu'il a forgé et christianisé. Ce n'est pas pour autant une raison suffisante pour reprendre les billevesées de l'immigrationnisme qui ravage tant de cervelles sur notre vieux continent. Une idéologie qui voudrait faire croire que le destin de notre pays est de se fondre dans les peuples du monde entier, ce qui interdit de contrôler et restreindre les flux de la « submersion » comme dirait François Bayrou. Macron est passé à côté de l'essentiel.
« Ma patrie, c'est la langue française », affirmait déjà Albert Camus, comme en réponse à Macron. Simon Abkarian qui joue le rôle du Général dans le premier volet de La Bataille de Gaulle, le film très attendu d'Antonin Baudry, a magnifiquement résumé les choses dans l'émission Quotidien : « L'acteur que je suis est constitué de mes identités différentes, des pays que j'ai fréquentés. J'ai un passeport libanais, je suis français, je suis arménien d'Anatolie, je parle arabe, tout ça compte évidemment […] mais ce qui me maîtrise, me tient, me contient, c'est la langue française. » Bravo et merci, monsieur Abkarian ! Après ça, l'une des bonnes nouvelles de la semaine : les faquins de l'islamo-gauchisme n'ont pas réussi à démolir L'Abandon, le film puissant et bouleversant de Vincent Garenq sur les derniers jours de Samuel Paty. Sortie le 3 juin.



