Chômage en hausse : les promesses brisées de Macron
Chômage en hausse : promesses brisées de Macron

Le taux de chômage en France a augmenté au deuxième trimestre 2026, atteignant 7,4% de la population active, selon les chiffres publiés par l'INSEE. Cette hausse, bien que modérée, sonne comme un désaveu pour le gouvernement, qui avait fait de la baisse du chômage une priorité absolue du quinquennat d'Emmanuel Macron. En 2017, le candidat Macron promettait de faire passer le taux à 5% d'ici 2022, un objectif jamais atteint.

Une hausse qui contraste avec les prévisions optimistes

Les économistes s'attendaient à une stabilisation autour de 7,2%, mais la réalité a été plus sombre. Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans aucune activité) a progressé de 0,5% sur le trimestre, soit environ 25 000 personnes supplémentaires. Au total, ils sont désormais 3,4 millions en métropole. Cette tendance touche particulièrement les jeunes et les seniors, deux catégories pourtant ciblées par des réformes spécifiques.

Le gouvernement tente de relativiser en soulignant la création d'emplois dans le secteur privé, mais les chiffres sont têtus : le taux d'emploi des 15-64 ans recule légèrement, passant de 68,1% à 68,0%. La promesse de plein emploi, martelée par l'exécutif, semble plus lointaine que jamais. Selon une note de la Dares, le ralentissement économique mondial et les tensions géopolitiques expliquent en partie cette dégradation, mais aussi les effets des réformes de l'assurance chômage qui ont durci les conditions d'indemnisation.

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Un symbole politique fort

Cette hausse du chômage intervient dans un contexte politique fragile. Le président Macron, affaibli par la perte de la majorité absolue à l'Assemblée nationale, voit son bilan social écorné. L'opposition, à gauche comme à droite, n'a pas manqué de réagir. « C'est la faillite d'une politique qui a sacrifié l'emploi sur l'autel de la rigueur budgétaire », a déclaré la secrétaire nationale d'un parti de gauche, tandis qu'un leader de la droite a évoqué « un aveu d'échec ».

Dans son discours de campagne de 2017, Emmanuel Macron avait promis que « chacun puisse vivre dignement de son travail ». Aujourd'hui, les chiffres du chômage rappellent que cette promesse est loin d'être tenue. La réforme du marché du travail, censée fluidifier l'embauche, n'a pas produit les effets escomptés. Les entreprises, confrontées à l'incertitude, privilégient les contrats courts et le temps partiel, souvent subi.

Quelles perspectives pour l'emploi ?

Les économistes prévoient une poursuite de la hausse dans les prochains mois, avec un taux qui pourrait atteindre 7,6% d'ici la fin de l'année. Le gouvernement mise sur la baisse des impôts de production pour relancer l'investissement, mais les effets tardent à se matérialiser. Par ailleurs, la transition écologique et numérique pourrait créer des emplois, mais elle en détruit aussi dans les secteurs traditionnels.

Face à cette situation, l'exécutif tente de changer de discours. Le ministre de l'Économie a évoqué la nécessité de « réformer en profondeur le modèle social français », tandis que la ministre du Travail insiste sur la formation professionnelle comme levier prioritaire. Mais ces annonces ne suffisent pas à rassurer les Français, dont la confiance dans la politique économique du gouvernement est au plus bas selon les derniers sondages.

La hausse du chômage est un révélateur des limites de la stratégie macroniste. Après des années de réformes libérales, le pays n'a pas réussi à inverser la courbe du chômage. Les promesses de « start-up nation » et de plein emploi semblent bien loin. Alors que le président s'apprête à affronter de nouvelles échéances électorales, ces chiffres pourraient peser lourd dans la balance.

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