Un déplacement sous haute tension politique
Ce mercredi 15 juillet, Raphaël Glucksmann, tête de liste du Parti socialiste et de Place publique aux européennes, était en déplacement à Bordeaux, en Gironde. Interrogé par les journalistes sur une éventuelle candidature aux prochaines élections législatives dans ce département, l'eurodéputé a soigneusement entretenu le suspense. « Je ne suis pas ici pour faire une annonce, mais pour écouter les Girondins », a-t-il déclaré, sans confirmer ni infirmer les rumeurs qui courent depuis plusieurs semaines.
Les spéculations vont bon train
Selon plusieurs sources proches du parti, Glucksmann aurait été approché par des cadres locaux pour se présenter dans la 5e circonscription de la Gironde, actuellement détenue par le député sortant LREM. Un sondage interne, réalisé en juin dernier, le donnerait en tête des intentions de vote au second tour, avec 38 % des voix, devant le candidat de la majorité présidentielle (32 %) et celui du Rassemblement national (18 %).
« Il y a une attente forte des militants. Raphaël a une image nationale qui pourrait dynamiser notre campagne ici », a confié un responsable local du PS. De son côté, Glucksmann reste prudent : « La décision n'est pas prise. Je veux d'abord voir si les conditions sont réunies pour porter un projet utile aux Girondins. »
Un enjeu national pour la gauche
Cette candidature potentielle s'inscrit dans une stratégie plus large de reconquête pour le PS et Place publique, qui cherchent à capitaliser sur le bon score des européennes (13,8 % des voix). En Gironde, département historiquement ancré à gauche, l'enjeu est de taille : il s'agit de reprendre des circonscriptions perdues en 2017. « Si Glucksmann se lance, cela enverrait un signal fort : la gauche revient et elle compte », analyse un politologue bordelais.
L'entourage de l'eurodéputé précise qu'une annonce pourrait intervenir « dans les prochaines semaines », après la finalisation des accords électoraux avec les autres forces de gauche. En attendant, Raphaël Glucksmann continue de sillonner le département, rencontrant élus, agriculteurs et associations. « Je veux construire un projet de terrain, pas juste une candidature médiatique », a-t-il insisté.
Une opposition qui observe
Du côté de la majorité présidentielle, on prend cette menace au sérieux. « Glucksmann est un bon orateur, mais il manque d'ancrage local. Les Girondins ne voteront pas pour un parachuté », a réagi un porte-parole de LREM. Le Rassemblement national, de son côté, voit dans cette candidature « une preuve que le PS est en pleine confusion ».
Quoi qu'il en soit, le suspense reste entier. Pour les militants socialistes girondins, l'heure est à l'espoir. « On a besoin d'un leader, et Raphaël peut l'être », conclut un jeune adhérent. Réponse dans les semaines à venir.



