Emmanuel Macron a dévoilé ce mardi 12 juillet 2026 son projet de loi sur la fin de vie, qu'il présente comme un « autre en même temps » conciliant l'aide active à mourir et le développement des soins palliatifs. Le chef de l'État, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse à l'Élysée, a insisté sur la nécessité d'« offrir un choix digne à chaque citoyen sans jamais abandonner ceux qui souffrent ». Ce texte, promis depuis le début de son second quinquennat, devrait être examiné au Parlement à l'automne 2026.
Un dispositif encadré pour l'aide active à mourir
Le projet de loi prévoit la possibilité pour les patients majeurs, atteints d'une maladie incurable et en phase avancée, de demander une aide active à mourir. Cette procédure serait soumise à un double avis médical, avec un délai de réflexion de quinze jours. Selon les informations communiquées par l'Élysée, seuls les patients « capables de discernement » pourraient en bénéficier, excluant les mineurs et les personnes souffrant de troubles psychiatriques sévères. Le texte prévoit également que la demande soit renouvelée à plusieurs reprises.
Un volet soins palliatifs renforcé
Parallèlement, le gouvernement s'engage à investir 1,2 milliard d'euros sur cinq ans pour développer les soins palliatifs, avec la création de 500 unités supplémentaires et le recrutement de 4 000 professionnels de santé. « Aucun patient ne doit être laissé sans accompagnement », a déclaré le ministre de la Santé, François Braun, lors de la présentation. Cet investissement vise à répondre aux critiques des associations qui dénoncent un « inégal accès aux soins palliatifs sur le territoire ».
Réactions politiques et sociétales
Le projet divise la classe politique. À gauche, le député insoumis François Ruffin a salué une « avancée historique » tout en regrettant un cadre « trop restrictif ». À droite, le président des Républicains, Éric Ciotti, a dénoncé une « dérive dangereuse » et promis de s'opposer au texte. L'Église catholique, par la voix de la Conférence des évêques de France, a exprimé sa « profonde inquiétude ». Les associations de patients, comme l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), ont salué une « première étape » mais réclament des assouplissements.
Un calendrier serré
Le texte sera présenté en Conseil des ministres le 15 septembre 2026, avant un examen à l'Assemblée nationale à partir d'octobre. Le gouvernement espère une adoption définitive avant la fin de l'année. Emmanuel Macron a appelé à un « débat apaisé » sur ce sujet sensible, qui avait déjà donné lieu à des discussions houleuses lors de la précédente législature. Selon un sondage Ifop réalisé en juin 2026, 76 % des Français se déclarent favorables à une évolution de la loi sur la fin de vie.



