Estrosi à Nice : le bilan cinglant d'Eric de Montgolfier
Estrosi à Nice : le bilan cinglant d'Eric de Montgolfier

Dans le quatrième volet de notre série consacrée au bilan des années Estrosi à Nice, nous donnons la parole à Eric de Montgolfier, procureur de la République du tribunal de grande instance de Nice de 1999 à 2012. Son regard acéré sur les dix-huit années de mandat de Christian Estrosi est sans concession.

Un enlisement progressif

Eric de Montgolfier résume sans ambages : « Christian Estrosi s’est enlisé tout seul. » Lors de son élection, il succédait à Jacques Peyrat et bénéficiait d’un vote d’adhésion. Mais, selon l’ancien magistrat, le pouvoir a eu raison de lui : « Progressivement, le maire s’est détaché de la démocratie. Il a pris ce pli dangereux de penser qu’il était tout-puissant. » Il souligne l’utilisation du possessif « ma ville » comme un signe de cette dérive.

Des anecdotes révélatrices

Deux anecdotes illustrent, selon lui, cette mégalomanie. La première : lorsque Christian Estrosi a dû laisser la mairie à son premier adjoint en raison du cumul des mandats, le fauteuil du maire a été rabaissé pour que les deux hommes soient au même niveau. « Cela en dit bien long sur la vanité », commente-t-il. La seconde : le portrait du maire affiché dans les toilettes publiques de la coulée verte, qu’il compare à du « Ceaucescu ».

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Réalisations et destructions

Interrogé sur une réalisation emblématique, Eric de Montgolfier estime qu’aucune n’a accru la réputation de Nice, déjà portée par la promenade des Anglais et le climat. Il juge que « ses destructions sont plus emblématiques que ses réalisations ». Quant à la coulée verte, seule réussite consensuelle, il rappelle que les travaux du tramway avaient été engagés sous Jacques Peyrat.

La pire erreur : avoir oublié qu’il n’était qu’un mandataire

Pour l’ancien procureur, la pire erreur de Christian Estrosi est d’avoir oublié qu’il n’était qu’un mandataire, pas le propriétaire de la ville. « L’argent des contribuables n’était pas le sien », insiste-t-il. Il définit l’estrosisme comme « une erreur éphémère ».

Qualités et défauts politiques

Sa plus grande qualité politique ? Avoir duré trois mandats malgré les obstacles. Eric de Montgolfier rappelle un épisode antérieur : alors que Christian Estrosi n’avait pas encore déposé sa candidature, il l’avait rencontré et lui avait conseillé de rembourser une dette de 757 000 francs liée au Golf de Nice, une affaire qui s’était soldée par un non-lieu. Son plus gros défaut ? Écarter ceux qui pourraient lui faire de l’ombre.

Les raisons de sa chute

La chute s’explique par l’usure du pouvoir et le goût des électeurs à montrer qu’ils détiennent le dernier mot. Comparé à Jacques Médecin, Eric de Montgolfier note que l’un a beaucoup détruit à grands frais ce que l’autre avait construit.

Quel avenir pour Nice et Estrosi ?

Il ne voit pas de distinction politique particulière entre Nice et le reste de la France, si ce n’est une tendance à l’extrême droite. Quant à l’héritage, il estime qu’il n’y en a pas. Il redoute qu’Eric Ciotti ne ressemble à Christian Estrosi, mais espère que les fruits passeront la promesse des fleurs, en raison de l’apport de Ciotti à la politique départementale de l’enfance.

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