Cadeaux de luxe : Villepin visé par des révélations sur des statuettes
Cadeaux de luxe : Villepin visé par des révélations

Des statuettes d'une valeur de 125 000 euros offertes à Dominique de Villepin

L'ancien Premier ministre français Dominique de Villepin se retrouve au cœur d'une polémique après les révélations de l'émission Complément d'enquête diffusée le 30 avril. Selon l'enquête, il aurait reçu deux statuettes de Napoléon Bonaparte d'une valeur totale de 125 000 euros alors qu'il était ministre des Affaires étrangères entre 2002 et 2004. Ces cadeaux auraient été organisés par le lobbyiste Robert Bourgi, figure emblématique de la Françafrique, et financés par l'ancien président burkinabè Blaise Compaoré et un industriel italien, Gian Angelo Perrucci.

Le rôle de Robert Bourgi, intermédiaire de la Françafrique

Robert Bourgi, qui fut un proche conseiller de Dominique de Villepin, a révélé avoir offert ces statuettes à l'ancien ministre. La première, un buste en bronze de Napoléon signé Charles-Louis Corbet, a été payée 75 000 euros en mai 2002 par Blaise Compaoré. La seconde, d'une valeur de 50 000 euros, a été réglée en juillet 2003 par Gian Angelo Perrucci, un industriel italien actif en Afrique. Bourgi explique avoir suggéré ces cadeaux après avoir vu les statuettes à la galerie de Souzy à Paris. Il précise que Villepin était un passionné de Napoléon et que ces présents étaient destinés à le satisfaire.

Selon les documents consultés par France 2, les factures sont authentiques et les donateurs identifiés. Bourgi affirme que Perrucci espérait en retour obtenir la Légion d'honneur, mais l'industriel déclare ne jamais l'avoir reçue. Ces révélations relancent le débat sur l'ingérence française en Afrique et les réseaux politico-financiers qui ont longtemps caractérisé la politique africaine de la France.

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La défense de Dominique de Villepin

Dominique de Villepin, qui prépare une candidature à l'élection présidentielle de 2027, se défend vigoureusement. Il affirme n'avoir jamais su la provenance des statuettes et assure qu'il ne les aurait pas acceptées s'il avait connu leur origine. Selon lui, ces cadeaux lui ont été remis par Robert Bourgi lui-même, comme un simple présent d'anniversaire. Il jure n'avoir accordé aucune contrepartie en échange de ces objets et se dit prêt à les restituer à leurs prétendus propriétaires.

L'entourage de l'ancien Premier ministre dénonce un écran de fumée orchestré par des proches de Nicolas Sarkozy, rival politique de Villepin. Ils soulignent que les révélations de Bourgi surviennent en plein procès en appel sur le financement libyen de la campagne de Sarkozy en 2007. Villepin qualifie le récit de Bourgi de parfaitement farfelu et le traite de merveilleux conteur.

Robert Bourgi assume vouloir faire obstacle à Villepin

Robert Bourgi ne cache pas ses intentions. Dans une interview au Parisien, il déclare vouloir être un obstacle à la marche de Dominique de Villepin vers l'Élysée. Il reproche à l'ancien ministre son rapprochement idéologique avec Jean-Luc Mélenchon et ses propos lors de l'incarcération de Nicolas Sarkozy. Bourgi affirme également que Villepin aurait voulu mettre fin au système de la Françafrique par crainte des juges, alors qu'il avait été désigné par Jacques Chirac comme interlocuteur exclusif pour gérer la générosité des chefs d'État africains.

Ce n'est pas la première fois que Bourgi est impliqué dans une affaire de cadeaux à un candidat à la présidentielle. En 2017, il avait offert pour 13 000 euros de costumes à François Fillon, ce qui avait entaché sa campagne. Les soupçons de trafic d'influence avaient alors été classés sans suite.

Un passé déjà trouble avec la Françafrique

Les relations de Dominique de Villepin avec la Françafrique ne datent pas d'hier. En 2011, Robert Bourgi avait affirmé avoir transporté des valises de billets en provenance de pays africains à destination de Jacques Chirac et Dominique de Villepin entre 1997 et 2005. Une enquête avait été ouverte puis classée sans suite. Aujourd'hui, Bourgi réitère ses accusations, affirmant que Villepin était au courant de ces pratiques.

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L'ancien Premier ministre est également connu pour ses affaires en Chine depuis 2008, où il a présidé des associations de droit chinois. Cette nouvelle polémique risque de fragiliser sa candidature à l'Élysée, mais ses soutiens dénoncent une manœuvre politique de ses adversaires.