Le conseil municipal de Brest a approuvé, ce lundi 26 juin, la création d'une police municipale, une mesure phare de la campagne du maire. La délibération a recueilli 43 voix pour et 12 contre. Cette décision marque un tournant pour la ville, qui était jusqu'à présent l'une des rares grandes villes françaises à ne pas disposer de ce service.
Un effectif de 30 agents prévu
La future police municipale comptera 30 agents, dont 25 policiers municipaux et 5 agents de surveillance de la voie publique. Le recrutement débutera dès septembre, avec une mise en service prévue pour le premier semestre 2027. Le budget alloué est de 2,5 millions d'euros par an, incluant les équipements et les salaires.
Le maire, François Cuillandre, a défendu cette initiative comme une réponse aux demandes des habitants. "Nous devons renforcer la sécurité de proximité, sans pour autant militariser l'espace public", a-t-il déclaré lors du conseil.
Une opposition divisée
Les opposants, principalement issus des rangs écologistes et de la gauche radicale, ont critiqué ce projet. Selon eux, la police municipale pourrait créer une concurrence avec la police nationale et nuire à la cohésion sociale. "Nous craignons une dérive sécuritaire et une privatisation rampante de la sécurité", a affirmé l'élue écologiste Marie-Claire Diouron.
Malgré ces critiques, la majorité municipale a souligné que la police municipale travaillerait en étroite collaboration avec la police nationale, dans le cadre d'une convention de coordination. Le préfet du Finistère devra donner son aval pour officialiser le dispositif.
Un impact attendu sur la tranquillité publique
Les missions de la police municipale incluront la surveillance des espaces publics, la verbalisation des incivilités, et la prévention des nuisances sonores. Les agents seront armés de tasers et de bâtons de défense, mais pas d'armes à feu, conformément à la position du maire. "Nous voulons une police de proximité, pas une police d'intervention", a précisé François Cuillandre.
Des études montrent que les villes dotées d'une police municipale enregistrent une baisse de 15 % des incivilités signalées, selon la mairie. Brest espère ainsi améliorer le sentiment de sécurité des citoyens, qui figurait parmi les préoccupations majeures lors des dernières élections.



