Le 5 juin 2026, lors du conseil municipal de Barjols (Var), la maire Cathy Venturino-Gabelle s'est emparée du micro que tenait François Volpi, leader de l'opposition, alors qu'il lisait le texte de sa question orale. Cette scène, captée en vidéo par la Ville, illustre une ambiance délétère qui dure depuis plusieurs années.
Retour sur une rupture politique
En 2020, Cathy Venturino-Gabelle est élue maire de Barjols avec François Volpi en dixième position sur sa liste. Mais l'alliance se brise rapidement. En 2024, une élection partielle est organisée après des démissions en série dans la majorité. François Volpi se présente face à la maire, mais celle-ci l'emporte. En mars 2026, elle est réélue triomphalement avec 67 % des suffrages, selon les données du scrutin. François Volpi reste toutefois élu au conseil municipal, à la tête d'une opposition réduite mais virulente.
Des accusations réciproques
Interrogés, les deux élus s'accordent sur un point : la situation est intenable. « Cette situation est déplorable », déclare Cathy Venturino-Gabelle. Elle reproche à l'opposition d'être « virulente sans être constructive », avec des critiques sans propositions. François Volpi, de son côté, affirme : « Je n'ai rien contre Cathy Venturino-Gabelle », mais dénonce un « manque de transparence » et « l'absence de respect de notre rôle d'opposant ». Il précise que son groupe a voté en faveur de près de 70 % des propositions de la majorité.
Le rôle du conseil municipal en question
Les divergences portent notamment sur la fonction du conseil. Pour la maire, le travail en commission, non ouvert au public, est essentiel. Elle regrette que l'opposition ne vienne « qu'une fois sur trois » en commission, qualifiant cela de « manque de respect envers leurs électeurs ». François Volpi estime que le conseil doit être un « organe délibérant », non une « chambre d'enregistrement », et que le contrôle visible en séance est crucial.
Le droit aux questions orales
Le conflit s'est cristallisé autour des questions orales. Une note de janvier 2024 de l'association des maires du Var rappelle que « le droit de poser des questions orales en séance est reconnu à chacun des conseillers municipaux et constitue une prérogative personnelle inaliénable ». Cathy Venturino-Gabelle ne conteste pas ce droit, mais juge que les interventions de l'opposition sont « du verbiage » qui « fait perdre du temps ». Elle a usé de son « pouvoir de police de l'assemblée » pour retirer le micro à François Volpi le 5 juin, estimant que la lecture intégrale de son texte (moins d'une page) constituait un trouble à l'ordre public. François Volpi considère cette attitude comme un « déni de la liberté d'expression ».
Vers un apaisement ?
François Volpi souhaite « un débat serein » et entend « impliquer davantage les Barjolais ». Il n'exclut pas des recours judiciaires. Cathy Venturino-Gabelle appelle « de ses vœux un apaisement », espérant que l'opposition « vienne en commission et soit force de proposition ». Le règlement intérieur du conseil, qui limite le nombre de questions orales mais pas leur durée, pourrait être modifié, mais la jurisprudence impose une durée minimale de 6 à 10 minutes pour respecter la liberté d'expression.



