La commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a décidé de ne pas valider une partie des dépenses engagées par Jordan Bardella lors de la campagne des élections européennes de 2024. Selon les informations de Libération, publiées le 10 août 2025, le candidat du Rassemblement national (RN) devra rembourser près de 300 000 euros sur les 11,5 millions de dépenses déclarées.
Des dépenses jugées non conformes
Parmi les dépenses retoquées figurent des cadeaux offerts à des personnalités politiques, notamment des montres de luxe d'une valeur totale de 18 000 euros, ainsi que des frais de chauffeurs privés pour des déplacements personnels du candidat, s'élevant à 42 000 euros. La commission a estimé que ces dépenses n'étaient pas directement liées à la campagne électorale ou qu'elles dépassaient les plafonds autorisés.
La réaction du RN
Le trésorier du RN, Kévin Pfeffer, a contesté ces décisions, affirmant que « toutes les dépenses ont été effectuées dans le cadre de la campagne et conformément à la réglementation ». Il a indiqué que le parti allait saisir le Conseil d'État pour contester la décision de la commission. De son côté, Jordan Bardella a évoqué des « erreurs d'interprétation » et a promis de « clarifier la situation ».
Un précédent pour le RN
Cette affaire n'est pas isolée pour le Rassemblement national. En 2022, la commission avait déjà épinglé des dépenses similaires lors de la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Le parti avait alors dû rembourser plus de 300 000 euros. Cette nouvelle décision intervient alors que le RN cherche à asseoir sa crédibilité financière avant les prochaines échéances électorales.
Des conséquences potentielles
Si le Conseil d'État confirme la décision de la commission, le RN devra rembourser cette somme sur ses fonds propres. Cela pourrait peser sur les finances du parti, déjà fragilisées par un emprunt important contracté auprès d'une banque russe en 2014. Toutefois, le parti dispose de réserves et devrait pouvoir faire face à cette dépense sans mettre en péril son fonctionnement.
La décision finale du Conseil d'État est attendue dans les prochains mois. En attendant, cette affaire relance le débat sur la transparence des dépenses de campagne et sur l'utilisation des fonds publics alloués aux partis politiques.



