Dans son bureau du premier étage de la mairie, les dossiers classés par couleur s’alignent autour de l’ordinateur portable. Une vingtaine, comme autant de sujets ouverts sur la table du nouveau maire de La Brigue. « Ça me rappelle mes années de fonctionnaire », sourit José Pastorelli. L’élu a accepté de nous recevoir dans sa « deuxième maison » pour faire le bilan de ses trois premiers mois de mandat. Trois mois intenses, menés avec son équipe et les 15 agents « couteaux suisses » de la commune.
Un rythme de travail attendu mais intense
Interrogé sur la charge de travail, José Pastorelli répond : « Oui, bien sûr. Avant de devenir maire, j’ai été directeur des services techniques dans plusieurs mairies. Je savais pertinemment que prendre en charge la gestion d’une commune comme La Brigue demanderait beaucoup de temps et beaucoup d’implication. » Il ajoute : « Je suis très attaché à mon village, parce que j’y suis né. Je ne suis pas là uniquement pour faire de la représentation. Je veux faire de mon mieux pour faire progresser la commune. »
La difficulté réside dans la constitution des dossiers et la recherche de financements auprès des institutions : État, Département, Communauté d’agglomération de la Riviera française (Carf). Rencontrer ces partenaires a été l’une de ses priorités.
Le pont de Sainte-Anne, dossier prioritaire
Le projet phare est la réalisation du pont de Sainte-Anne, en limite avec Saint-Dalmas-de-Tende, pour remplacer le passage à gué mis en place après la tempête Alex. « Je travaille d’arrache-pied avec les services de l’État, la Carf, la commune de Tende et les autres partenaires associés », déclare le maire. L’objectif est de réaliser ce pont tel que prévu par les études techniques, pour un budget estimé à 2 millions d’euros. « Nous avons d’ailleurs reçu l’avis favorable du dossier loi sur l’eau. J’espère qu’il se débloquera en 2027 », précise-t-il.
Embellissement et propreté du village
Au-delà des rencontres institutionnelles, la priorité de José Pastorelli était de redonner au village une image « digne, propre, attractive ». L’embellissement concerne le village et Morignole, avec le fleurissement des places et la réfection de 2 km de voirie, intégralement prise en charge par le Département. Concernant la propreté, le maire note que les rues pavées sont plus difficiles à entretenir. « Nous avons donc commencé à laver les rues à la pression d’eau en ajoutant du désodorisant », explique-t-il. Il évoque aussi la divagation des chiens : « Pour moi, ce n’est pas acceptable. J’ai l’intention de prendre des dispositions plus draconiennes pour que ces problèmes disparaissent avec le temps. »
Les avantages et inconvénients d’être maire de son village natal
Être maire dans le village de son enfance est « à double tranchant », selon José Pastorelli. « C’est sûr que j’ai cette facilité de connaître les personnes. Mais parfois, ce n’est pas simple d’aller demander à quelqu’un de se mettre au diapason. » Il ajoute : « On peut être sollicité à tout moment, dans la rue, nuit et jour, samedi ou dimanche. Mais cela fait partie de la vie d’un village. Le maire est à la disposition de tous les administrés. »
Une élection contestée mais tournée vers l’avenir
L’élection de José Pastorelli a été contestée devant le tribunal administratif de Nice, qui a validé le scrutin. Interrogé sur les traces laissées par ce recours, il répond : « Cela laisse toujours des traces. Dans un village, on se connaît tous. Mais personnellement, je considère qu’il y a une étape à chaque chose. Les élections, ce sont les élections. Aujourd’hui, elles sont terminées, le tribunal a rejeté la requête, la page est tournée. Je suis le maire de tout le village. »
Projets à court et moyen terme
Parmi les projets à venir, José Pastorelli cite la mise en place d’un distributeur automatique bancaire, le recrutement d’un garde champêtre faisant office de policier municipal, l’aménagement d’un bâtiment d’accueil avec toilettes à la chapelle Notre-Dame-des-Fontaines (surnommée la « Sixtine des Alpes-Maritimes »), la seconde phase des travaux de la Manufacture de la Roya, et la mise en place de la cantine scolaire à un euro. Concernant la maison de santé, une permanence d’infirmières libérales a été obtenue chaque mercredi. « On aimerait aujourd’hui faire venir un médecin, mais on doit d’abord en discuter avec les structures qui coordonnent la santé sur le territoire », précise-t-il.
Une année de transition
José Pastorelli qualifie l’année 2026 d'« année de transition ». « Entre la gestion courante, la prise en compte de ce qui existait auparavant, les sollicitations multiples et les nouveaux projets, il y a beaucoup de choses à gérer en même temps. Il faut le temps de se mettre dans le bain, on ne devient pas maire du jour au lendemain. » Sa plus grande satisfaction après trois mois est de constater que « la population a commencé à percevoir des changements ». Il conclut : « J’ai sept ans pour essayer de mettre en œuvre les idées et les objectifs qui étaient les nôtres pendant la campagne électorale. »



