Vadim Ermolev, l'homme d'affaires ukrainien toujours hospitalisé à Marseille après la tentative d'assassinat dont il a été la cible à Monaco le 29 juin dernier, a accepté de répondre par écrit aux questions de Monaco-Matin. Il affirme n'avoir jamais eu conscience que sa vie était menacée et espère que l'enquête en cours permettra d'identifier les commanditaires.
Un état de santé en amélioration
Interrogé sur son état de santé, Vadim Ermolev déclare : « Je vais mieux, merci beaucoup. » Concernant une éventuelle sortie de l'hôpital, il indique : « Je ne sais pas, je l'espère. Si tout se passe bien, je devrais pouvoir sortir dans les prochaines semaines. »
L'attaque l'a profondément bouleversé : « C'est une épreuve extrêmement difficile, pour moi comme pour ma famille et mon entourage. Pour le moment, j'essaie surtout de me concentrer sur ma convalescence et de coopérer pleinement avec les enquêteurs. »
Une menace ignorée
Avant l'attaque, Ermolev n'avait aucune raison de penser que sa vie était en danger : « Non, absolument pas. Avant cette attaque, je n'avais aucune raison de penser que ma vie pouvait être en danger surtout dans un endroit comme Monaco. »
Il ne sait pas qui lui en veut et préfère ne pas commenter les hypothèses : « Une enquête pénale est en cours et, dans ces conditions, je préfère ne pas commenter les différentes hypothèses ni certains éléments particuliers du dossier. »
Des accusations de collaboration avec la Russie
Ermolev a été sanctionné par le bureau du président ukrainien sur la base d'éléments du Service de sécurité ukrainien (SBU) concernant de prétendues activités commerciales en Crimée occupée. Il les conteste fermement : « Ni moi ni les sociétés dont j'étais actionnaire ou que je dirigeais n'avons exercé d'activité dans les territoires occupés après 2015. »
Il précise que l'enquête du SBU a établi qu'il n'avait aucun lien avec des activités commerciales en Russie et que les sociétés concernées lui avaient été retirées illégalement. « Les personnes responsables ont été identifiées et ont fait l'objet des mesures prévues par la loi. Une condamnation a d'ailleurs déjà été prononcée dans le cadre de cette procédure. » Il considère son inscription sur les listes de sanctions comme une erreur.
Lien avec l'affaire de son fils Arthur
Plusieurs médias ont évoqué un lien entre l'attaque et la condamnation de son fils Arthur dans l'affaire du Milton Group et des centres d'appels frauduleux. Ermolev écarte cette hypothèse : « Je vis évidemment très difficilement le fait que mon fils soit confronté à de graves problèmes judiciaires. Mais Arthur est un adulte. Il mène sa propre vie et je ne vois aucun élément permettant de relier son affaire à l'attaque dont j'ai été victime. »
Il rétablit les faits : « Ni Arthur ni l'affaire jugée en Estonie n'ont jamais eu de lien avec Milton Group. Dans la procédure estonienne, Arthur n'a pas reconnu sa culpabilité et n'a témoigné contre personne. S'il a finalement accepté un accord avec le parquet, c'était uniquement pour éviter de rester plusieurs années en détention provisoire. »
Il ajoute : « Je n'ai pris aucune part à cet accord. Je n'étais ni suspect ni mis en cause dans cette procédure, et je n'avais aucun lien avec les faits examinés. »
Vivre à Monaco et perspectives d'avenir
Malgré l'attaque, Ermolev a l'intention de continuer à vivre à Monaco. Interrogé sur les menaces persistantes, il répond : « Tant que l'enquête n'est pas terminée, il est impossible de le savoir avec certitude. C'est précisément pour cette raison qu'il est essentiel que les enquêteurs puissent établir exactement ce qui s'est passé, qui en est responsable et s'il existe encore une menace. »
Il conclut : « Nous ne voulons pas passer le reste de notre vie à nous cacher et dans la peur. Nous espérons que l'enquête nous permettra de comprendre les circonstances de cette attaque et de savoir si le danger est désormais écarté. »
Pourquoi s'exprimer
Ermolev justifie sa prise de parole : « Parce qu'il s'agit d'un crime, un crime grave, qui a suscité une importante couverture médiatique. Il me semblait nécessaire de dire clairement que je prends cette affaire très au sérieux et que je suis déterminé à coopérer pleinement avec les autorités chargées de l'enquête. »
Il remercie « S.A.S. le prince Albert II de Monaco, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président de la République française Emmanuel Macron pour leur soutien, pour l'attention portée à cette affaire et pour leur contribution aux efforts visant à faire toute la lumière sur ce qui s'est passé. »
Il souligne l'importance de la vérité : « Connaître la vérité et établir l'ensemble des circonstances de ce crime est important non seulement pour ma famille, mais aussi pour la société dans son ensemble. »
Arthur Ermolaev est poursuivi en Estonie dans le cadre d'une vaste escroquerie présumée organisée autour de centres d'appels dont le préjudice est estimé à 100 millions de dollars.



