Le projet de statue en hommage à Max Barel, résistant communiste mort sous la torture de la Gestapo en 1944, continue de provoquer des tensions entre La France Insoumise (LFI) et le Parti communiste français (PCF) 06, alors que le maire UDR de Nice, Éric Ciotti, a donné son feu vert à Julien Picot pour ériger ce monument sur la place du même nom, dans le quartier du port.
LFI dénonce une récupération politique
Pour LFI, cette initiative est inacceptable. Olivier Salerno, chef de file LFI à Nice, a vivement critiqué la décision sur le plateau de France 3. « Éric Ciotti, c’est le patron de l’UDR, premier allié du Rassemblement national, un parti issu du Front national créé notamment par des Waffen SS. Permettre à l’héritier des bourreaux de Max Barel d’inaugurer cette statue, c’est complètement inapproprié », a-t-il déclaré.
L'élu insoumis estime que cette cérémonie permettra « à l’extrême droite » de « laver plus blanc que blanc » son histoire à l’approche de la présidentielle. Une colère partagée par le neveu du héros niçois, qui évoque une « insulte à la mémoire » de son oncle et déplore qu’« à aucun moment la famille n’a[it] été impliquée dans cette initiative, consultée, ni même informée d’une quelconque façon ».
Le PCF 06 refuse les leçons de morale
Julien Picot, patron du PCF 06 et conseiller municipal d’opposition, refuse les leçons de morale. « On n’attend pas les élections pour rendre hommage à la résistance communiste ou pour parler de la Libération de Nice », s’est-il agacé. Il a également répondu aux critiques : « On ne laissera ni Éric Ciotti ni La France insoumise d’Olivier Salerno récupérer l’histoire de la résistance communiste. […] Le seul sang que les communistes français ont sur les mains, c’est celui des nazis et des collabos ».
Le communiste rappelle qu’il a lui-même recadré Éric Ciotti lors du premier conseil municipal « pour l’empêcher de s’approprier cette mémoire ». Et de conclure : « Nous n’avons aucune leçon d’antifascisme à recevoir de ceux qui cherchent aujourd’hui à relativiser le rôle du Parti communiste français, en réhabilitant des discours de haine, ou à instrumentaliser l’histoire à des fins politiques. »
Un hommage qui divise à l'approche de la présidentielle
Cette polémique intervient alors que la statue doit être installée sur la place Max Barel, dans le quartier du port de Nice. Le projet, porté par le maire UDR, a été confié à Julien Picot, mais il suscite des remous au sein de la classe politique locale.
Les critiques de LFI et de la famille du résistant contrastent avec la position du PCF 06, qui défend l'initiative et refuse toute instrumentalisation. La cérémonie d'inauguration, qui n'a pas encore été datée, promet de raviver les débats sur la mémoire de la Résistance et son usage politique dans un contexte préélectoral.



