Sanofi visé par une enquête européenne pour entrave à la concurrence
Sanofi visé par une enquête européenne pour concurrence

La Commission européenne a annoncé ce vendredi 26 juin l'ouverture d'une enquête formelle à l'encontre du groupe pharmaceutique français Sanofi, pour des soupçons d'entrave à la concurrence sur le marché de l'insuline. L'exécutif européen estime que Sanofi pourrait avoir abusé de sa position dominante en empêchant l'entrée de médicaments biosimilaires moins chers, en violation des règles de l'Union européenne.

Des pratiques qui auraient duré plusieurs années

Selon les premières constatations de la Commission, Sanofi aurait mis en œuvre une stratégie visant à retarder l'arrivée sur le marché de l'insuline glargine biosimilaire, un produit concurrent du Lantus, l'insuline phare du groupe. Ces pratiques auraient consisté en des accords de licence excessivement restrictifs et des rabais ciblés pour fidéliser les distributeurs et les hôpitaux, rendant difficile l'accès des concurrents au marché.

L'enquête, qui s'annonce longue et complexe, pourrait déboucher sur une amende pouvant atteindre 10 % du chiffre d'affaires annuel mondial de Sanofi, soit plusieurs milliards d'euros. En 2025, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 45,6 milliards d'euros.

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Un marché de l'insuline très concentré

Le marché de l'insuline est dominé par trois acteurs principaux : Sanofi, le danois Novo Nordisk et l'américain Eli Lilly. L'insuline glargine, commercialisée par Sanofi sous le nom de Lantus, est l'un des traitements les plus prescrits contre le diabète de type 2. L'arrivée de biosimilaires, qui sont des copies quasi identiques des médicaments biologiques, aurait pu faire baisser les prix de manière significative, à l'avantage des systèmes de santé et des patients.

La Commission européenne s'inquiète du fait que les pratiques de Sanofi aient pu freiner cette concurrence, maintenant des prix élevés pour les patients et les assureurs. Selon des estimations de l'Organisation mondiale de la santé, le prix de l'insuline a augmenté de 40 % en Europe entre 2015 et 2020.

Sanofi se défend

Dans un communiqué, Sanofi a déclaré « coopérer pleinement avec la Commission européenne » et a affirmé que ses pratiques étaient « conformes au droit de la concurrence ». Le groupe a ajouté que l'enquête ne portait que sur des faits antérieurs à 2023 et que ses pratiques actuelles étaient transparentes et respectueuses des règles.

« Sanofi est convaincu que ses actions n'ont pas enfreint les règles de concurrence de l'UE et continuera à démontrer que ses pratiques commerciales sont légitimes et bénéfiques pour les patients », a déclaré un porte-parole du groupe.

Une enquête qui s'inscrit dans un contexte plus large

Cette enquête s'ajoute à d'autres actions de la Commission européenne contre les pratiques anticoncurrentielles dans le secteur pharmaceutique. En 2022, Bruxelles avait infligé une amende de 13,4 millions d'euros à la société danoise Lundbeck pour des accords de « pay-for-delay » (paiement pour retarder l'entrée de génériques).

L'affaire Sanofi illustre la volonté de l'Union européenne de garantir l'accès à des médicaments abordables et de lutter contre les abus de position dominante qui pourraient entraver l'innovation et la concurrence. La Commission a désormais 18 mois pour conclure son enquête, même si ce délai peut être prolongé.

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