Marine Le Pen n'a pas la confiance facile. Son parcours politique et son histoire familiale expliquent cette prudence : ayant passé toute son existence dans les marges et ayant été longtemps désignée adversaire public numéro 1, elle a appris à faire attention. Au restaurant, elle évitait de se mettre dos à la salle, par précaution.
Un portefeuille régalien mais écarté des postes clés
En 2024, alors que le Rassemblement national croyait la victoire enfin à sa portée lors des législatives provoquées par la dissolution, le parti a planifié la répartition des portefeuilles ministériels. Pour Eric Ciotti, qui avait franchi le Rubicon en s'alliant avec le RN, un poste spécifique était envisagé : la Défense. Ce portefeuille, bien que régalien, n'est pas directement décisif, contrairement à Beauvau (Intérieur) ou Bercy (Économie et Finances), où se prennent les décisions à impact immédiat et où circulent les informations les plus confidentielles.
Un message clair pour Ciotti
Le Niçois a très bien reçu le message : il n'aurait pas obtenu le ministère de ses rêves. Selon des sources proches du parti, cette décision reflète la méfiance persistante de Marine Le Pen envers certains alliés, même ceux qui ont franchi un cap majeur en rejoignant le RN. Le choix de la Défense, un ministère important mais moins stratégique que d'autres, envoie un signal clair sur la hiérarchie des priorités et des confiances au sein du parti.



