La France a dévoilé ce jeudi sa nouvelle feuille de route climatique, baptisée « Stratégie nationale bas-carbone révisée » (SNBC), qui fixe des objectifs ambitieux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 50% d'ici 2030 par rapport à 1990. Cette mise à jour intervient après une consultation publique et des arbitrages interministériels.
Pompes à chaleur et train au cœur du plan
Le gouvernement mise notamment sur le déploiement massif des pompes à chaleur pour décarboner le chauffage des bâtiments, qui représente environ 20% des émissions françaises. L'objectif est d'atteindre 5 millions de pompes à chaleur installées d'ici 2030, contre environ 1 million actuellement. « Les pompes à chaleur sont une solution mature et efficace pour remplacer les chaudières au fioul ou au gaz », a souligné la ministre de la Transition écologique.
Parallèlement, le développement du train est présenté comme un levier clé pour réduire les émissions du transport, premier secteur émetteur (31% des GES). La feuille de route prévoit un doublement de la part modale du fret ferroviaire d'ici 2030, passant de 9% à 18%, et une augmentation de 20% du trafic voyageurs sur les lignes grandes lignes.
Des objectifs chiffrés et des mesures concrètes
Selon le document, la France devra réduire ses émissions de 270 millions de tonnes équivalent CO2 en 2022 à 135 millions en 2030. Pour y parvenir, le plan inclut également la rénovation énergétique des bâtiments (700 000 logements par an), le développement des énergies renouvelables (40% de la consommation finale d'énergie en 2030) et la sortie progressive des énergies fossiles.
« Cette feuille de route est la plus ambitieuse jamais présentée par la France », a déclaré le Premier ministre lors de la conférence de presse. « Elle engage tous les secteurs : industrie, agriculture, transports, bâtiment. »
Un financement encore flou
Si les objectifs sont clairs, le financement reste un point d'interrogation. Le gouvernement estime le coût total des investissements nécessaires à 50 milliards d'euros par an d'ici 2030, dont 20 milliards pour la rénovation des bâtiments. Une partie proviendra du budget de l'État, mais des mécanismes de financement privé sont également attendus.
Les associations environnementales saluent l'ambition mais regrettent un manque de détails sur les moyens. « C'est un bon cap, mais il faut maintenant des actes concrets et un calendrier précis », a commenté le porte-parole de Greenpeace France.
Un calendrier serré
La SNBC révisée doit être présentée au Parlement dans les prochaines semaines, avant d'être soumise à la Commission européenne pour validation. La France espère ainsi montrer l'exemple avant la COP29 qui se tiendra en novembre à Bakou.



