Infantino veut ouvrir la FIFA aux investisseurs privés
Projet controversé d'Infantino pour ouvrir la FIFA aux investisseurs

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a dévoilé un projet controversé visant à ouvrir la fédération internationale à des investisseurs privés, notamment des fonds souverains et des sociétés de capital-investissement. Selon un document interne consulté par Le Monde, ce plan pourrait permettre à la FIFA de lever jusqu'à 5 milliards de dollars, offrant ainsi des ressources supplémentaires pour développer le football mondial.

Un plan pour financer la croissance

Le projet, présenté en comité exécutif, prévoit la création d'une entité dédiée qui commercialiserait les droits commerciaux de la FIFA, y compris ceux des Coupes du monde masculine et féminine. En échange, les investisseurs obtiendraient une part des revenus futurs, estimés à plusieurs dizaines de milliards de dollars sur les 10 prochaines années. Infantino justifie cette initiative par la nécessité de diversifier les sources de financement et de répondre aux ambitions de la FIFA, notamment dans les compétitions de jeunes et le football féminin.

"Nous devons être innovants pour garantir l'avenir du football", a déclaré Infantino lors d'une réunion à huis clos, selon des sources présentes. "Les investisseurs privés apportent non seulement des capitaux, mais aussi une expertise qui peut nous aider à optimiser nos actifs."

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Des critiques sur l'indépendance

Cependant, ce projet suscite de vives critiques au sein du monde du football. Plusieurs fédérations nationales redoutent une perte d'indépendance et une influence accrue des puissances financières sur les décisions sportives. "Le football ne doit pas être une marchandise", a averti un responsable européen sous couvert d'anonymat. "Ouvrir la porte aux fonds souverains, c'est risquer de voir les intérêts financiers primer sur l'intégrité du jeu."

Les syndicats de joueurs et certaines associations de supporters ont également exprimé leurs inquiétudes. Selon un sondage non publié cité par le quotidien, 65 % des fans de football estiment que l'entrée d'investisseurs privés nuirait à la transparence de la FIFA, déjà entachée par des scandales de corruption par le passé.

Un précédent dans le sport

La FIFA n'est pas la première instance sportive à envisager un tel modèle. La NBA, la Premier League et la Formule 1 ont déjà intégré des investisseurs privés avec succès. Toutefois, la structure unique de la FIFA, qui regroupe 211 fédérations, rend l'opération plus complexe juridiquement et politiquement. Le projet doit encore être approuvé par le Congrès de la FIFA en mai 2027, et des négociations intenses sont attendues.

Selon une source proche du dossier, plusieurs fonds d'investissement du Moyen-Orient et d'Asie ont déjà manifesté leur intérêt, tandis que des institutions financières européennes restent prudentes. "L'argent est là, mais il faudra des garanties solides pour protéger l'autonomie de la FIFA", a confié un banquier d'affaires consulté par Le Monde.

Un tournant pour le football mondial

Si le projet aboutit, il marquera un tournant majeur dans l'histoire de la FIFA, qui a longtemps fonctionné comme une organisation à but non lucratif. Les partisans du plan soulignent que les fonds supplémentaires permettront de financer des programmes de développement dans les pays les moins avancés. "C'est une occasion unique de réduire les inégalités", a plaidé un représentant d'une confédération africaine. Mais les opposants craignent que les investisseurs n'exigent un retour sur investissement rapide, au détriment des compétitions mineures et du football amateur.

Le débat s'annonce vif dans les mois à venir, alors que la FIFA cherche à consolider son modèle économique après les pertes liées à la pandémie de Covid-19. Le congrès de 2027 sera déterminant pour l'avenir de cette organisation centenaire.

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