Prestations sociales : Jeanbrun veut les couper aux délinquants
Prestations sociales : Jeanbrun veut les couper aux délinquants

Le ministre de la Ville Vincent Jeanbrun a annoncé lundi sur X prendre « une circulaire » avec le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin afin que « les délinquants se voient retirer de leurs prestations sociales l'équivalent des sommes issues de leurs trafics ou recels ». Cette annonce intervient dans un contexte de violences urbaines survenues en marge des manifestations du 17 octobre contre la vie chère, qui ont provoqué une vive polémique politique.

Une réponse pénale renforcée face aux violences

Le gouvernement, critiqué pour avoir mal anticipé les manifestations et mal réagi aux affrontements et aux pillages, a annoncé par la voix de Gérald Darmanin 2.513 gardes à vue, beaucoup toujours en cours, et 67 personnes incarcérées. Les premiers couvre-feux sont entrés en vigueur lundi soir dans plusieurs villes de France, tandis que l'exécutif réaffirme sa promesse de fermeté dans la réponse pénale aux auteurs des pillages et de violences.

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez s'est rendu lundi soir à la mairie de Marseille pour s'entretenir avec le maire Benoît Payan, tandis que Matignon a annoncé que le Premier ministre se rendrait vendredi à Limoges. Le beffroi de l'Hôtel de Ville de Limoges s'est effondré samedi après que des manifestants y ont mis le feu. Le maire Guillaume Guérin (LR) a critiqué la police qui a « reculé » face aux casseurs, « à Limoges comme dans d'autres villes ».

Une démission refusée et un mea-culpa

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a proposé sa démission dimanche et fait son mea-culpa lundi, en reconnaissant une « perte de contrôle » dans certaines villes, démission qu'Emmanuel Macron a refusée. Si l'exécutif reconnaît des failles, il pointe du doigt LFI, qui porterait selon lui « une responsabilité morale et politique dans les violences ».

À six mois de la présidentielle, le gouvernement se retrouve sous le feu des critiques de ses différents adversaires politiques. Un maire, jugeant Macron « indigne » face aux violences, a décroché son portrait. La question de la facture des violences du 17 octobre reste posée, tandis que l'exécutif tente de rassurer sur sa capacité à maintenir l'ordre.

Une mesure qui soulève des questions

La circulaire annoncée par Vincent Jeanbrun et Gérald Darmanin vise à retirer des prestations sociales l'équivalent des sommes issues des trafics ou recels des délinquants. Cette mesure s'inscrit dans une stratégie plus large de fermeté affichée par le gouvernement face aux violences urbaines, alors que les critiques fusent de toutes parts.

Les prochains jours seront décisifs pour l'exécutif, avec la visite du Premier ministre à Limoges vendredi et la mise en place progressive des couvre-feux dans les villes concernées. La réponse pénale et les mesures annoncées seront scrutées de près, alors que le gouvernement tente de reprendre la main sur une situation sécuritaire tendue.