Le boulanger Adrien Batut, propriétaire de la boulangerie Les Gourmandises de Rose à Nézignan-l'Évêque, a remis lundi 12 octobre une pétition signée par 478 personnes à la mairie pour contester la perte des marchés de livraison de pain à l'Ehpad Les Amandiers et à l'école Georges-Brassens, qu'il fournissait depuis mai 2019. La maire, Marie-Aude Sicard, défend le choix du Centre communal d'action sociale (CCAS), qui a fait appel à un nouveau prestataire.
Une perte de marché estimée entre 6 000 et 7 000 euros par an
Adrien Batut s'est rendu en mairie accompagné de plusieurs soutiens pour remettre officiellement la pétition. À l'origine de sa contestation, la fin de la livraison quotidienne de pain auprès de l'Ehpad et de l'école, deux structures qu'il approvisionnait depuis mai 2019. Cette éviction représente pour son commerce local un manque à gagner estimé entre 6 000 et 7 000 euros par an.
Le boulanger conteste surtout la forme de la décision. "En mai dernier, je recevais une lettre de l'Ehpad qui me disait que j'allais perdre le marché dans deux semaines", raconte-t-il, précisant qu'il perdait en même temps celui des écoles. "En guise d'explication, je n'ai rien eu", déplore-t-il. "L'Ehpad m'a remercié pour la qualité des services que je lui ai rendus et m'a expliqué que tout était parfait. Donc je ne comprends pas."
Des explications jugées contradictoires
Après avoir contacté l'établissement et le CCAS, qui assure la restauration de l'Ehpad et des écoles, Adrien Batut indique que "ils ont fini par me répondre que la qualité n'était pas assez bonne, qu'ils voulaient une qualité supérieure". Le commerçant conteste cet argument en rappelant le courrier reçu de l'Ehpad le 26 mai dernier, qui indiquait : "Nous vous remercions pour la qualité des services rendus jusqu'à ce jour et pour la collaboration entretenue".
Depuis, le Nézignanais déplore le manque de réponse claire de la collectivité. Il explique que "l'objectif de la pétition est de provoquer un réveil de la municipalité et relancer le dialogue", estimant qu'il s'agit d'un enjeu "important pour la vie du village".
La maire défend la procédure du CCAS
En réponse, Marie-Aude Sicard, maire de Nézignan-l'Évêque, défend le choix de la collectivité. "Le CCAS s'assure de garantir une alimentation de qualité, dans le respect des règles sanitaires et nutritionnelles. En cela, nous faisons maintenant directement appel à un prestataire qui gère toute la restauration collective", avance l'édile.
Elle détaille la nouvelle procédure administrative : "Il y a eu un appel d'offres. La Direction générale des services a conduit l'analyse et choisi Languedoc Restauration, un prestataire de Montpellier qui gère lui-même les fournisseurs sous ses critères de prix et qualité. La boulangerie de Nézignan n'en fait pas partie." Marie-Aude Sicard ajoute que "notre prestataire nous aide dans la conception des menus, et le suivi des procédures d'hygiène et bactériologiques".
La maire précise également qu'historiquement, le CCAS se fournissait déjà chez d'autres boulangeries, "notamment à Pézenas". Réfutant tout refus d'échange de la part de la mairie, elle estime "avoir proposé à la boulangerie de participer à certains évènements, mais le boulanger les a refusés".
L'opposition s'empare du sujet
L'affaire a pris une dimension politique lors du dernier conseil municipal, où l'opposition s'est emparée du sujet et a relayé la pétition de soutien à Adrien Batut et à sa boulangerie. La pétition, déposée en mairie, vise à rouvrir le dialogue entre le commerce local et la municipalité, alors que la décision du CCAS reste contestée par le boulanger.