Masseur jugé pour viols et agressions sexuelles sur 17 patientes dans le Var
Masseur jugé pour viols et agressions sexuelles sur 17 patientes

La cour criminelle du Var juge depuis ce mercredi à Draguignan un ancien masseur, Alain Bartolo, poursuivi pour deux viols et quinze agressions sexuelles commis sur 17 patientes entre 2016 et 2023 dans des centres de soins de Saint-Raphaël et Saint-Tropez. Le septuagénaire reconnaît la matérialité des faits, notamment les pénétrations digitales, mais plaide « l'erreur professionnelle » et « le malentendu », niant toute intention criminelle. Il encourt 15 ans de réclusion criminelle.

Des plaintes en cascade depuis janvier 2024

L'affaire a débuté en janvier 2024 avec la plainte d'une jeune femme affirmant avoir été victime d'un viol digital trois ans plus tôt lors d'un massage réalisé par Alain Bartolo. À la fin de la prestation, sans qu'elle ne s'y attende, la cliente avait senti le pouce du masseur s'introduire dans son vagin et son anus. Sidérée, elle n'avait pas su comment réagir.

Durant l'enquête, la brigade de recherche de Sainte-Maxime a exhumé une ancienne plainte datant de 2016, relatant des faits similaires à Courchevel. La victime, âgée de 19 ans, était restée paralysée de stupeur avant de mettre fin au massage. Le lendemain, Alain Bartolo lui avait envoyé un message s'excusant pour « ce moment inattendu ». Dans un autre message, il avait laissé entendre que « cela [avait] dérapé » quand la jeune femme s'était « laissée aller » sur sa main. Cette procédure avait alors été classée sans suite.

Un modus operandi répétitif

Au printemps 2024, une nouvelle plainte est arrivée sur le bureau du major en charge des investigations. Une cliente qualifiait la prestation d'Alain Bartolo de plus proche de « caresses que d'un massage », le mis en cause insistant sur ses fesses, passant sa main sous son bassin et touchant ses parties intimes. En recherchant d'anciennes clientes, les gendarmes ont retrouvé un modus operandi similaire. Une quinzaine d'entre elles a déposé plainte pour agression sexuelle.

Solène (prénom changé) a témoigné à la barre : « Lors du massage, il y a eu des va-et-vient sur mes parties génitales. J'ai senti son sexe en érection toucher ma tête, frôler mon bras. Ce n'est pas un dérapage, mais une agression d'ordre sexuelle. »

« J'étais pris dans mes automatismes »

Alain Bartolo s'est exprimé devant le président François-Marie Cornu : « Je suis désolé pour ces personnes. Je reconnais les deux pénétrations vaginales qui s'expliquent par une erreur de manipulation et un malentendu. Pour les autres, c'est une faute professionnelle. Il n'y avait aucune intention d'agresser sexuellement ces femmes. »

Le directeur d'enquête doute de cette version : « Il y a une répétition qui interpelle. À chaque fois, nous recevions le même récit. Je pense d'ailleurs qu'il y a d'autres victimes dont nous ignorons l'existence. »

L'accusé justifie ses gestes par ses pratiques professionnelles : « Mon tort est de ne pas leur avoir expliqué ma démarche. Mes massages portent sur des points, comme le méridien rate ou les glandes lymphatiques, qui se trouvent juste à côté des parties intimes. J'étais pris dans mes automatismes, par les habitudes. Je n'étais plus conscient de certains risques… »

À ce jour, aucun homme ne s'est plaint des massages d'Alain Bartolo, un risque qui ne touchait que les femmes, jeunes de préférence. La cour criminelle du Var doit désormais déterminer si ces explications relèvent de l'accident ou d'une intention criminelle, alors que l'accusé encourt 15 ans de réclusion criminelle.