Nice : les commerçants face au défi des prochaines manifestations
Nice : les commerçants face aux prochaines manifestations

Les commerçants de Nice s'interrogent sur les mesures à adopter avant les prochaines manifestations, après le chaos du samedi 17 octobre. Ils redoutent une asphyxie économique le samedi et réclament un renforcement de la présence policière, des aides publiques pour sécuriser les vitrines et une meilleure communication des autorités.

Un problème d'anticipation et d'information

L'analyse des événements du 17 octobre révèle un problème d'anticipation et d'information. Marcel Vidal, président de la Fédération du commerce niçois et de l'artisanat, indique avoir reçu des SMS d'alerte de la Ville en début d'après-midi. En revanche, de nombreux responsables d'association de commerçants, comme Sophie Joanny et le président de la CCI Nice Côte d'Azur, Jean-Pierre Savarino, déplorent un message de préconisation de fermeture des commerces arrivé bien tardivement, vers 18 h 30.

Face à cette situation, les commerçants doivent protéger leur personnel et leurs vitrines contre des individus violents, tout en évitant de transformer le centre-ville en bunker.

L'enjeu économique du samedi après-midi

Pour les commerçants, l'enjeu économique de la fin de semaine est très important. « Le samedi après-midi représente 40 % de notre chiffre d'affaires de la semaine », signale Sarah Benhamou, responsable du magasin Etam. Même observation au sein de la boutique Moa, où la responsable, Julie Lacaes, souligne qu'« une fermeture le samedi après-midi ampute 15 % de [ses] revenus hebdomadaires ».

Face à ce constat, les avis divergent sur la méthode à employer. Marcel Vidal sollicite un rendez-vous avec le préfet pour faire respecter les missions régaliennes de sécurité. Il préconise un soutien financier de l'État pour moderniser les protections : « Il faut que l'État aide les commerçants à se protéger avec des rideaux métalliques plus importants que ce qu'on a, comme il le fait pour les tabacs. »

Des avis partagés sur les protections

Marcel Vidal met également en garde « contre la tentation de tout barricader sur Jean-Médecin, ce qui risquerait de reporter les pillages vers les quartiers voisins ». « La charge de la protection ne doit pas incomber aux seuls commerçants », clament ses représentants. Jonathan Camus, coprésident de l'association des commerçants et artisans de Nice Nord, s'oppose fermement « à ce que les professionnels financent eux-mêmes ces aménagements. Ce serait un coût énorme pour nous. »

Sur le terrain, la résignation prévaut quant à la conduite à tenir lors du prochain rassemblement. Sarah Benhamou, responsable du magasin Etam, privilégie la sécurité : « On fermera, on ne prendra pas de risque. C'est la sécurité des équipes avant tout quoi qu'il arrive. » Un peu plus loin sur l'avenue, Julie Lacaes, responsable de la boutique Moa, dit attendre des directives de son siège pour trancher tout en étudiant des aménagements : « On pourrait mettre des panneaux en bois, voire renforcer la grille devant la porte vitrée. »

Une demande unanime de présence policière

« Mais les rideaux, ce n'est pas très commerçant non plus. On ne peut pas fermer les commerces tous les samedis après-midi », note Sophie Joanny, présidente de l'association des commerçants de la rue République, qui rejette l'option des rideaux métalliques extérieurs, « car face à la violence de groupes déterminés, même les vitrines ultra-sécurisées finissent par céder ». Les commerçants sont en tout cas unanimes pour réclamer une présence policière accrue lors des prochaines manifestations et une communication accélérée pour éviter un nouveau samedi noir.