Montpellier-Sherbrooke : un corridor économique se dessine
Montpellier-Sherbrooke : corridor économique en vue

La métropole de Montpellier et la ville québécoise de Sherbrooke ont officiellement renforcé leurs liens économiques lors d'une visite de deux jours, jeudi 15 et vendredi 16 octobre. Le président de la métropole, Michaël Delafosse, accompagné de huit start-ups du territoire, a constaté que sa ville jumelle figure parmi les pionnières en matière de recherche et d'innovation. L'objectif affiché est de créer un véritable corridor économique entre les deux rives de l'Atlantique.

Un jumelage fondé sur la recherche

Le drapeau de Montpellier flottait au balcon de l'ancien palais de justice de Sherbrooke, transformé en hôtel de ville, pendant que les deux municipalités signaient un accord de renforcement de leurs liens économiques. La mairesse de Sherbrooke, ville située à 130 km de Montréal, s'était rendue à Montpellier en juin dernier avec des acteurs économiques du Québec. Michaël Delafosse lui a rendu la pareille.

« Les chercheurs de nos deux villes collaborent depuis une vingtaine d'années, ce qui a donné naissance au jumelage », retrace le maire et président de la métropole de Montpellier. « Aujourd'hui, nos universités collaborent étroitement, ce qui entraîne des échanges d'étudiants. » Le défi est désormais de « faire naître un véritable corridor économique. L'objectif est d'aider des entreprises de Montpellier à s'implanter à Sherbrooke, et vice versa. L'écosystème est ici très dynamique, autour des industries culturelles et créatives, de la cybersécurité, des sciences de l'environnement… »

Un modèle de développement dans la recherche

Les acteurs universitaires et de la recherche collaborent depuis des décennies à Sherbrooke et dans ses environs. L'Université de Sherbrooke a créé un centre de formation en environnement et développement durable dès 1974. Résultat : elle est depuis deux ans la première université d'Amérique du Nord dans ce domaine.

« Presque tous nos programmes ont des activités en laboratoire, confie le recteur de l'Université, Jean-Pierre Perreault. Cela nous permet de coller aux enjeux de la société. Et comme on se connaît très bien avec les autres acteurs du territoire, nous sommes plus réactifs quand il y a un appel d'offres. »

Le 3IT, né en 2008, permet aux chercheurs de tester leurs projets dans des laboratoires ultramodernes, avec le soutien d'équipes support, grâce aux financements de collectivités et d'entreprises. Il abrite aujourd'hui 55 chercheurs. À Bromont, l'usine d'assemblage d'IBM, qui emploie un millier de salariés, a vu apparaître à ses côtés le plus important centre de recherche du Canada pour les composants microélectroniques. Les technologies du futur s'élaborent dans des salles blanches dernier cri.

La révolution quantique se prépare

Dans la plus ancienne zone industrielle de Sherbrooke, la prochaine révolution quantique se prépare activement dans un bâtiment ultramoderne. Celui-ci affiche déjà complet et un deuxième va sortir de terre. Il s'agit du premier pôle canadien dans ce domaine de pointe. L'avenir s'écrit déjà dans ce petit coin du Québec dont la communauté montpelliéraine va essayer de s'inspirer.

Michaël Delafosse rappelle « le vote unanime du conseil de métropole pour renforcer ces relations ». Une délégation composée de huit « jeunes pousses » (start-ups en québécois) de la métropole a établi le contact, que ce soit à Montréal ou à Sherbrooke.

Un enrichissement mutuel

« Nos hôpitaux travaillent régulièrement ensemble et leurs dirigeants se rendront mutuellement visite avec une délégation », souligne Michaël Delafosse. Il est accompagné dans ce déplacement du vice-président délégué à l'économie de la Métropole, Christian Assaf, et d'un représentant de la Région Occitanie. La consule générale de France au Québec, Mathilde Grammont, accompagne la délégation.

« L'initiative du Premier ministre canadien de devenir partenaire privilégié de l'Union européenne est une chance pour nous, enchaîne le maire. Mais rien ne pourra se faire sans un lien solide entre nos collectivités et les sociétés civiles qui les font vivre. C'est un enrichissement mutuel. »

Le théâtre de Sherbrooke, un magnifique outil

Cette journée s'est achevée par la découverte du Grand-Espace de Sherbrooke, récemment sorti de terre. Il s'agit d'un lieu de création en théâtre et en danse, modulable selon le type de représentation, et plus particulièrement tourné vers le jeune public. La délégation montpelliéraine a été invitée par la mairesse à assister à une représentation de « Ismène », une pièce écrite par la dramaturge québécoise Carole Fréchette. Il s'agit d'un seul en scène de 65 minutes qui repose sur les épaules d'Amelia Sargisson. Cette comédienne interprète le personnage – qui est la sœur d'Antigone – lors de représentations en français, puis en anglais. Une performance à tous points de vue. Pour la petite histoire, cette pièce avait été jouée pour la première fois à… Montpellier, au théâtre des 13 Vents, du temps de Jean-Marie Besset, il y a une quinzaine d'années.

L'élu a été séduit par sa visite du quartier général de l'entrepreneuriat, à Sherbrooke. « Il y a au même endroit les équipes du développement économique, une crèche, des entreprises, des étudiants qui se forment… C'est très inspirant. »

Ce vendredi 16 octobre, consacré à l'innovation et à la recherche, a probablement été la journée la plus dense du séjour. Elle a permis de découvrir la complémentarité entre les différents acteurs œuvrant dans ces domaines à Sherbrooke et aux environs. En soirée, les deux maires se sont échangé les traditionnels cadeaux. Michaël Delafosse a notamment offert à son homologue une sérigraphie artisanale représentant une carte de Montpellier, réalisée par l'artiste Sarah Delanchy. Il était l'heure de se dire au revoir. Mais nul doute que la relation de confiance nouée entre Montpellier et Sherbrooke devrait déboucher sur une intensification de leurs liens à l'avenir.